Marie Alice
« Il y a aussi l’écoute de la personne blessée, de la personne handicapée. On a beaucoup à apprendre de ces personnes. Elles ont une force intérieure et il faut savoir être à l’écoute de leur force intérieure. Là encore ce n’est pas nous seulement qui apportons. Nous avons aussi à écouter et à apprendre. La relation ne fonctionne pas dans un seul sens. »
Pierre Henri
« Je suis dans un réseau de pères de famille qui s’est constitué voici quelques années en marge de l’église catholique. Chaque année nous organisons une marche jusqu’à Vézelay où nous sommes entre 500 et 600 participants. Ce réseau est constitué de groupes. Il se développe spontanément par la création de nouveaux groupes locaux plus ou moins rattachés aux paroisses. Je suis très touché par ce qui a été dit, notamment par des mots clefs tels que faiblesse, handicapé car nous avons été confrontés à un problème. Nos groupes se réunissent une fois par an, pour 3 jours, à Vézelay. Un jour nous nous sommes dits : c’est bien mais il faudrait vivre aussi quelque chose entre les pèlerinages. Plusieurs songeaient à une communauté, mais comment allier cela au rôle de père de famille ? Pas commode ! Quelle place pour nos épouses ?
Il se trouve qu’en parallèle j’ai une autre expérience de groupes, avec Foi et Lumière ** Voir le site ** développée par Marie Hélène Matthieu et Jean Vanier depuis 1971. Ce mouvement mondial a 1 600 communautés réparties dans 80 pays nées autour des handicapés. Il touche entre 20 000 et 40 000 personnes handicapées ou amis. A côté du groupe Foi et Lumière, qui est intergénérationnel, j’ai constitué un groupe de pères de familles, où ne se trouvent donc que des hommes. Au début j’y ai invité des gens de mon entourage. Ce fut un échec. Puis j’ai demandé à des hommes de Foi et Lumière de venir et là ça a marché. Non seulement ils sont venus mais ils en ont amené d’autres : des blessés de la vie, des jeunes. Le groupe s’est constitué tout seul. Il reste animé par les pères de familles mais ce qui le cimente c’est la présence de personnes en difficulté, en état de faiblesse. Et ça annule les frontières, y compris culturelles. Dans notre groupe la mixité culturelle est très forte. »
Charly.
« A propos des blessés de la vie je crois réellement que les groupes de maisons sont là pour accompagner les gens, les aider à se reconstruire, pour collaborer avec Dieu afin qu’ils puissent guérir. Mais une réflexion doit s’engager, en termes de cadre et d’accueil, pour que les groupes soient vraiment des lieux de guérison et non des lieux de souffrance… »
François F
« Je voudrais revenir sur le fait que des gens ont été blessés par les églises. Mais pour la plupart il serait plus juste de dire qu’elles se sont blessés dans (et non par) les églises et n’ont pas trouvé le moyen d’être guéries. On accuse l’église de leurs blessures, donc les responsables (prêtres ou pasteurs) mais ce n’est pas aussi simple. Bien des personnes blessées se referment devant une proposition d’aide. On accuse un peu trop facilement l’église de tous les maux. »
Marie Alice
« Doit-on sauver le groupe de maison ou la personne blessée ? Le groupe de maison n’a pas un rôle de psychiatre. Il faut savoir séparer les problèmes, aider l’individu, et poursuivre le groupe. Ici revient à la question : à quoi sert un groupe de maison ? »
Andy
« Le groupe de maison a, me semble t-il, quelque chose à voir avec la question pastorale. L’avantage du petit groupe est qu’on y est en proximité, en relation ; on n’y demeure pas sur le seuil, on y est tout de suite au centre et avec les gens. Alors qu’un grand groupe permet de rester anonyme. C’est une faiblesse mais aussi une force. On peut se situer dans un grand groupe sans forcément tout déballer et pour ceux qui en sont au stade de la découverte, il est avantageux de pouvoir être en position d’observation et pas au centre pendant un temps. Pour les responsables de groupes, comment gérer certaines situations lors des partages de vies douloureuses ou complexes ? Il faut parfois faire appel à des professionnels, des gens qui ont les compétences et la formation appropriées. Le petit groupe ne peut tout faire. Nous devons renoncer à l’illusion de sa toute puissance. Clarifions son projet, sa vision et gardons à l’esprit qu’il se situe dans un contexte plus large. Il a besoin de ressources qui lui viennent de l’extérieur, que ce soit dans un cadre d’église, d’un réseau ou de professionnels. C’est là que nous avons une responsabilité dans la formation des responsables de groupes. Il ne suffit pas de les former pour qu’ils sachent animer, mais aussi pour qu’ils sachent reconnaître et poser leurs limites. Et ceci n’est pas évident pour tout le monde. »
FIN DE LA MATINEE.
Le sujet est loin d’être épuisé. Rendez-vous prochainement sur le site pour découvrir les échanges des participants aux ateliers de l’après midi.
Françoise Rontard & Marie-Thérèse Plaine















