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Ce témoignage de Véronique sur son cheminement spirituel nous montre jusqu’où vont la patience et la pédagogie de Dieu, face à nos fragilités héritées du passé ; nous connaissant bien, Il sait qu’on ne peut pas brûler les étapes, et que le lait spirituel doit parfois précéder la nourriture solide ! (1 Corinthiens 3, 2a) ; mais Il se réjouit de tout progrès, même limité : Il sait aussi que nous sommes appelés tôt ou tard à évoluer de façon décisive à travers sa Parole et le partage de notre foi. « Le chemin est ouvert pour une évolution de mes représentations de Dieu»  conclut Véronique.

C’est l’histoire d’une rencontre personnelle avec le livre de Nicole FABRE «  Le Dieu de l’enfant »
A travers sa pratique de psychanalyste, l’auteur aborde la question ambitieuse du « qui est DIEU ? » ou plus précisément  comment l’enfant qui est en nous en a « fabriqué » une image ? Voir parfois s’est forgé la certitude de sa non existence.
La lecture d’expériences intimes d’enfants exprimant leur attachement au divin, à la vie, n’a pu m’empêcher de faire référence à un aspect de ma foi. L
C’est dans un contexte de vie dévastée par le manque affectif et marquée par un environnement familial et social fragile que je crois dur comme fer que DIEU ne peut exister. Je me construis une image de moi-même forte et indépendante.
Puis, l’expérience puissante intérieure et extérieure de l’existence de DIEU vient bouleverser ma vie. Elle se fait par la révélation de Jésus disant « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde », une révélation interprétée par un  « Tu ne seras plus jamais seule ». Cette révélation s’est progressivement transformée en «Jésus, Tu es avec moi tous les jours, jusqu’à la fin du monde … sous la forme d’une image tendre et rassurante, que je maîtrise au millimètre » :
Finalement DIEU serait-il un nounours ?
Un objet fabriqué de toutes pièces, qui n’appartient qu’à moi (cf les histoires pour enfants : « c’est mon doudou à moi », faisant référence à l’amour exclusif et possessif de l’enfant envers sa mère. Le doudou ne se prête pas). Objet de projection de tous mes désirs, mes frustrations. Un objet qui a le pouvoir de m’apaiser car il reflète tout ce que j’ai projeté de meilleur et de plus adapté à mes besoins.
Le nounours a l’intérêt d’être manipulable et permet d’affronter l’hostilité du monde extérieur, de procurer un sentiment de protection. Il incarne la douceur et la tendresse. Ma toute-puissance intérieure ne se sent pas menacée par le nounours.
Ah, mais voilà, nous y sommes, cet objet inanimé a  le pouvoir d’apporter un sentiment de protection. Pourtant ce n’est pas le nounours qui protège, il n’est pas DIEU. Il y a peut être confusion entre les circonstances de ma vie et DIEU lui-même.
En quoi un sentiment peut-il présenter une capacité de protection ? Dans la bible il est pourtant question d’un DIEU protecteur, tout puissant ?  Jamais d’un sentiment (à explorer). La force de l’unité entre frères est développée dans la Bible, mais il n’est jamais question de la puissance de l’unité entre un objet et un homme.
C’est bien la question d’une image de DIEU réduit à des affects qui se pose là ?
L’intérêt du DIEU nounours/objet, c’est également la possibilité de le retenir selon mon bon vouloir : telle l’idole de mes propres sécurités et de l’autoprotection. Le contraire de la confiance et de la foi.
Pourtant, c’est bien cette construction imaginée de DIEU qui m’a aidée à cheminer avec Lui jusqu’à présent. Ce DIEU nounours m’a aidée à faire le deuil du parent idéal, en m’attachant à cette image de Lui idéalisée à ma façon. Démasquée, l’imperfection de cette construction humaine  ouvre au Tout Autre la possibilité d’être vu, vécu autrement : Tout Puissant… déjà expérimenté, mais très vite à nouveau limité à un gentil nounours…
Le chemin est ouvert pour une évolution de mes représentations de DIEU à travers La Parole de Vie, et le partage, avec d’autres croyants, d’autres images vécues, construites, qui demeureront toujours limitées face à DIEU, mais sont Ô combien complémentaires à ma propre représentation ?
Finalement, partager ces quelques mots, c’est prêter un peu mon « doudou » pour accepter progressivement de m’en séparer…

 

Véronique

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