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| Voici une bonne nouvelle : habiter mon corps |
| II PERDRE SON LIEU |
| III RETROUVER SON LIEU : LE CORPS - TEMPLE |
| IV QUITTER SON LIEU : LE CORPS – TENTE |
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IV QUITTER SON LIEU : LE CORPS – TENTE
Celui qui, dans la réconciliation avec Dieu, opère l'intégration de sa personne et reconnaît que son corps est un temple, peut aussi découvrir que son corps est une tente (Il Pi 1/13).
Si le temple indique la gloire du corps, la stabilité d'une habitation, la tente évoque l’itinérance et le mouvement.
Avec une tente, on peut quitter son lieu, comme Abraham (Gen 12/1). Il a été appelé à quitter son pays pour entrer dans un mouvement de croissance et de vie, de dépendance de Dieu.
Il faut préciser ici qu'Abraham avait un lieu, une patrie, une terre, un père, une famille. Si on n'a pas eu de lieu, on ne peut le quitter, mais on reste fixé au lieu qu'on n'a pas eu. Il faut d'abord avoir un lieu avant de pouvoir le quitter ; mais on ne reçoit un lieu que pour le quitter un jour.
C'est le mouvement de la vie : d'abord recevoir un lieu ; puis le retrouver quand il a été- perdu ; l'habiter ensuite, et l'habiter pleinement ; même l'élargir ; puis le quitter. Et ce mouvement de vie concerne notre lieu d'habitation, notre lieu d'engagement professionnel, notre lieu d’intégration sociale et d'engagement diaconal ; il concerne aussi notre lieu corporel.
On évoque aussi le corps comme une tente, lorsqu'on perçoit qu'on aura à le quitter, et que cette demeure est provisoire (II Cor. 5/1) ; lorsqu'on peut envisager la mort comme une expérience de croissance et d'épanouissement. Elle n’est évidemment pas uniquement cela. Jésus, Paul et bien d’autres à leur suite ont pu envisager leur mort, non pas comme une fatalité à subir, mais comme un acte libre, un acte de croissance.
Peuvent aussi le vivre ainsi :
-ceux qui ont pu habiter pleinement leur corps et le connaître comme un Temple avant de le vivre comme une Tente ;
- ceux qui ont un autre lieu en perspective, indestructible et plus solide que leur tente provisoire (Il Cor. 5/1-5 ; Héb. 11/13-16). Il faut avoir un autre lieu en perspective pour quitter le sien sans se perdre ;
- ceux qui, comme Abraham, se sont déjà exercés durant le cours de leur vie à quitter leur lieu (Héb. 11/10s).
Ils peuvent accepter d'être comme des étrangers sur terre sans entrer dans le complexe du vagabond ; car ils ont vraiment vécu sur la terre et dans leur corps ; ils ont pleinement trouvé et reçu leur lieu, leur corps, leur habitation.
Ils peuvent maintenant les quitter sans se perdre. Celui qui a trouvé son lieu, qui a habité son corps peut le quitter ; il peut y renoncer librement et connaître un épanouissement plus grand.
Jean Claude SCHWAB
Reprise d'un article publié en 1989 dans le N° d'Octobre de la revue Témoins, aujourd'hui disparue, et remplacée par le présent site Internet

















