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| Voici une bonne nouvelle : habiter mon corps |
| II PERDRE SON LIEU |
| III RETROUVER SON LIEU : LE CORPS - TEMPLE |
| IV QUITTER SON LIEU : LE CORPS – TENTE |
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II PERDRE SON LIEU
Les textes des origines font aussi apparaître ce double lieu, extérieur et intérieur. Le Créateur prépare avec soin une demeure pour l'homme : l'univers entier, achevé et habité ; et en son sein un jardin à sa mesure, un Eden à garder et à cultiver. Puis, il lui est donné son corps comme demeure quasi permanente. Il y a correspondance de bien-être entre la demeure extérieure et la demeure intérieure. Mais elle deviendra correspondance de mal-être quand interviendra la rupture : après leur acte fou, Adam et Eve sont envahis par la honte et la peur.
Ils sont divisés intérieurement ; et immédiatement ils se sentent « mal dans leur peau » . Ils sont devenus étrangers à eux-mêmes et l'un à l'autre, et cherchent à couvrir leur nudité et à se cacher. Simultanément, ils ne sont plus chez eux dans le Jardin. Ils perdent leur lieu extérieur en même temps que leur lieu intérieur (Gen. 3/7s,23).
On verra ensuite leur fils Caïn, après avoir amplifié sa propre division intérieure, se mettre en quête perpétuelle de son lieu intérieur. Et comme il ne le trouve pas, il entre dans une vie d'éternel vagabond. Pour répondre à sa quête, il commence par construire une ville, un lieu, une demeure extérieure (Gen. 4/12,17). On découvre ici comment un péché initial peut conduire à une blessure originelle, à un manque ; celui-ci pourra devenir source d'un fruit, d'un fruit ambigu ; la construction d'une ville, la fondation d'une civilisation.
On voit aussi comment la perte du lieu extérieur provient d'une division intérieure, d'une perte du lieu intérieur. "Une maison divisée contre elle-même ne peut subsister" disait Jésus (Mt 12125). C'est pourtant le conflit permanent que connaissent tous les hommes et qui les rend étrangers à eux-mêmes.
Le salut consiste à retrouver le chemin d'une réconciliation intérieure, au travers de la réconciliation avec Dieu : dans la personne s'opère l'intégration des parties opposées ; l'unité intérieure, c'est la maison retrouvée. "Heureux celui qui ne se condamne plus lui-même dans ce qu'il approuve"(Rom 14 /22).
On peut observer un cheminement psychologique analogue chez tous ceux qui ont été frustrés dans leur enfance d'un lieu de chaleur et de sécurité. Ils risquent bien, dans leur quête de demeure sûre, d'entrer dans le complexe de vagabond : toujours errants, il leur est quasiment impossible de se faire un lieu, de se sentir bien quelque part pendant longtemps. Il y a une sorte d'interdit intérieur qui les en empêche. Simultanément, ils s'accrochent alors parfois désespérément, mais sans succès (ou avec effet contraire !) à ceux qui s'approchent d'eux ; et ils ne se sentent quand même jamais chez eux.
Ce complexe peut être dénoué partiellement s'ils découvrent un lieu qui leur est offert gratuitement, qu'ils n'ont pas eu besoin de quémander ; s'il leur est offert par grâce un lieu où ils peuvent être chez eux, être eux-mêmes.
Ils y font une expérience nouvelle celle d'un lieu véritable. Et c'est le début d'une expérience de guérison et de salut.

















