Le nom du Professeur Montagnier est indissociable de la découverte du virus responsable du Sida. A ce titre, il vient de recevoir aujourd’hui le prix Nobel de médecine. Depuis cette découverte, Luc Montagnier a étendu son champ d’investigation à la possible origine infectieuse des maladies chroniques et à l’étude du « stress oxydant ». Actuellement, président de la Fondation Mondiale Recherche et Prévention Sida associée à l’Unesco, il a participé à la création de plusieurs laboratoires de recherche biotechnologique en France, aux Etats-Unis et en Afrique, dont il assure la direction scientifique.
Dans un livre récent : « Les combats de la vie. Mieux que guérir, prévenir » (1), ce chercheur, parmi les plus féconds de la recherche médicale dans le monde, nous fait part de son parcours de recherche, nous éclaire sur les découvertes concernant le Sida , propose des voies nouvelles d’investigation sur les grandes maladies répandues à notre époque, et, au fil des chapitres, il partage son vécu et nous fait part de ses motivations et de ses convictions. Cet ouvrage apporte des connaissances originales, manifeste une grande indépendance d’esprit et ouvre des horizons.
Notre lecture se bornera ici à mettre en valeur quelques grandes orientations qui apparaissent dans cet ouvrage et qui militent en faveur d’une conception nouvelle de la médecine.
Cette démarche passe par une critique préalable des insuffisances de la médecine classique. En effet, « celle-ci vit encore sur des concepts qui ont présidé à de grandes réussites dans le passé, voire dans un passé récent : une maladie, un agent infectieux, un médicament ou un vaccin. Cette règle des trois unités s’applique correctement au contrôle des maladies infectieuses aigues, mais force est de reconnaître que le médecin se trouve maintenant désemparé devant des maladies complexes aux causes multiples s’additionnant les unes aux autres pour un jour déclencher une catastrophe non prévue, mais non imprévisible » (p. 14). Aujourd’hui, nous sommes en présence de nouveaux enjeux : « prévoir la survenue de maladies chroniques et nous en prémunir ».

















