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Rencontre TEMOINS : « Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels »

Le 26 novembre 2016, l’association TEMOINS a organisé une rencontre sur le thème “Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels”.

Pistes bibliographiques par Jean H.

Notes et vidéos du contenu de la journée

Notes sur les vidéos, par Françoise R.

Le titre de la Journée de Témoins 2016 annonce clairement son contenu puisque « aux marges » ne signifie pas hors de la page, bien au contraire car dans les marges s’inscrivent, si nécessaire, les annotations ou propositions faites sur texte central. Quand ces annotations se révèlent nombreuses et pertinentes la sagesse dicte de s’y arrêter et de les considérer sans crainte. Tel est le but de la rencontre : interroger les différentes formes du croire qui, loin des références religieuses habituelles, s’inventent au dehors et à l’intérieur des églises.

Ces parcours marginaux de la foi sont appréhendés selon deux axes : l’un théorique, à partir d’analyses sociologiques du religieux, l’autre empirique, à partir de témoignages et de réflexions personnelles. L’intérêt principal de ces analyses et de ses témoignages est moins de nous apporter des réponses prêtes à porter que de nous offrir des clés de compréhension et d’ouverture sur la société et les églises d’aujourd’hui et sur notre propre vécu de foi.

Quels furent les temps forts de cette Journée ? Chacun pourra en juger dans la mesure où l’intégralité des exposés, des  témoignages et des échanges est accessible en vidéos. Ces vidéos s’accompagnent d’une courte présentation sous forme de relevés de notes. Ces notes, imprégnées bien sûr de la subjectivité de leur auteur, ne sont là que pour donner envie d’aller à leur source, c’est-à-dire à l’écoute des vidéos.

Notes sur la méditation biblique de Gabriel Monet (1).

Sur un thème de la marche, évoquant les grandes figures de Noé, Abraham et d’autres dont il est dit « Qu’ils marchaient avec Dieu », Gabriel Monet nous interpelle finement à partir du récit du paralytique porté par 4 amis aux pieds de Jésus à travers le toit d’une maison bondée (Marc 2v1à4) et de sept mots clé : la mobilité, la découverte, la rencontre, l’intériorité, la lenteur, l’effort et l’orientation. Un bel éclairage pour avancer.

1) Professeur de théologie pratique à la Faculté adventiste de théologie, directeur du Centre de recherche José Figols, auteur de « L’Église émergente. Être et faire Église en postchrétienté. »
Voir la vidéo et l’article sur le site de Témoins

Notes sur l’introduction de Jean Hassenforder.

En dialogue avec Alain Gubert, Jean donne un bon état des lieux et un historique fort instructif des parcours de foi atypiques.
Voir la vidéo et le texte intégral sur le site : http://www.temoins.com/inscription-journee-temoins-2016/
Dans « Document de préparation à la journée »

Notes sur le témoignage de Valérie Bitz.

Valérie Bitz est formatrice PRH (Personnalité et Relations Humaines) une école internationale de formation humaine pour adultes qui donne des outils orientés vers la connaissance de soi.

Son cheminement spirituel, empreint de difficultés à se situer dans les cadres institutionnels,
amènent Valérie Bitz à plusieurs constats : des parcours de foi incluant des expériences de transcendance existent hors des institutions, aucune n’est donc le dépositaire exclusif de la vie
spirituelle ; une personne qui sort des cadres institutionnels entre dans une zone d’insécurité, mais celle qui vit une expérience de conversion également. Il vaudrait la peine de voir de plus près ce que signifie : « se convertir » car vivre une expérience de transcendance a un impact sur la personnalisation qui donne l’individualisation (non l’individualisme mais la capacité à
devenir ce que l’on est). Elle est un accélérateur de croissance qui fait découvrir de l’intérieur un sens à sa vie, pas le sens qu’on veut soi-même lui donner, mais un sens déjà là, qui est de l’ordre de l’expérience et nécessite des outils pour être appréhendé et pour trouver la référence intérieure fondatrice de cette expérience.

L’histoire personnelle de Valérie Bitz permet de saisir d’avantage son approche. Eduquée dans une pratique rituelle catholique elle goûte d’abord cet héritage comme un temps de gratuité et d’éveil à la spiritualité. Puis son adolescence est marquée par un sens de la responsabilité et par la question : Que faire de ma vie ? Elle se rend à Taizé, expérimente le silence « habité ».
A 18 ans elle découvre les études bibliques interconfessionnelles et le rayonnement d’une femme de pasteur qui respire l’authenticité et lui ouvre une belle compréhension de l’Ecriture.
Remonte alors en elle une quête de Dieu, depuis toujours confusément là et la jonction se fait entre aspiration spirituelle et connaissance biblique. Elle éprouve alors le besoin de rencontrer des chrétiens « vivants » et « tombe », à Antony, sur le petit groupe Témoins. Effet « caméléon », sa foi s’exprime alors dans le langage des évangéliques. Mais elle bute sur la question simple et vitale : Comment vivre la parole de Dieu ? Et là, pas de réponse, le blanc, rien que des propositions divergentes entre les institutions.

Conduite professionnellement vers la relation d’aide, Valérie Bitz est aussi et d’abord une artiste peintre et c’est à travers son art que Dieu va la toucher et dénouer la crise existentielle qu’elle traverse au cours de ses études d’art plastique. Un jour, elle reçoit fortement l’image de l’arbre du Psaume 1 et prend conscience en elle d’une fracture intérieure, d’être écartelée entre les normes contemporaines de l’art plastique et le ressenti de ce psaume. Elle fait un break dans ses études. Plus tard une seconde image s’impose à son réveil : elle, accrochée à un mur, et deux mains blanches qui assurent sa prise. Elle dessine l’image et tout un monde intérieur se rallume, se ranime en elle, un nouveau goût de vivre. Démarre une année de riches productions artistiques. Une cohérence intérieure se met en place, elle retrouve son humanité par le sentir profond, ce référentiel intérieur qui l’habite depuis et dont elle dit : « Si j’accueille, j’écoute c’est dans mon âme que je le sais, dans ce référentiel, ce mode d’emploi intérieur qu’aucun cadre institutionnel n’avait su me donner ». Son chemin se clarifie. Elle trouve sa voie : l’aide aux personnes là où les supports artistiques peuvent être utilisés et où l’aide vise à mieux se connaître, se comprendre, s’unifier en soi, à vivre la relation à Dieu, à trouver ce vers quoi on est orienté. C’est la rencontre avec PRH qui lui permet de découvrir les intuitions, les aspirations, les désirs de son être profond, là où Dieu la rejoint, où elle le rejoint, où elle vit en accord avec qui elle est, en accord avec « qui elle se sent créée en Lui ».
Voir la vidéo et l’article sur le site de Témoins : http://www.temoins.com/un-itinerairespirituel-de-la-creation-artistique-a-la-relation-daide/

Notes sur l’interview de Cécile Entremont par Alain Gubert

Formée à une technique de psycho thérapie, la psychanalyse à médiation corporelle, Cécile Entremont a travaillé 10 ans en cabinet, en face à face avec les personnes. De cette expérience elle retire la conviction qu’il y a en chacun de nous une étincelle merveilleuse, irréductible à toute analyse, un lieu sacré où Dieu est présent. Par ailleurs, peu à peu, des personnes vont lui demander un accompagnement spirituel. S’estimant insuffisamment formée elle entreprend des études de théologie jusqu’au doctorat dont le sujet de thèse met le focus sur l’évolution de petits groupes d’adultes aux frontières de l’Eglise.
Que disent généralement les croyants qui quittent les églises pour se réunir en petits groupes ? « Je ne trouve plus ma place dans les structures traditionnelles, le langage de la foi ne me parle plus, la structure hiérarchique ne me convient plus, je ne me sens pas respecté dans ma liberté de penser, j’ai le sentiment d’être dans quelque chose de dépassé, où la vie de communion n’est pas celle que je souhaite. » Beaucoup de ces personnes appartiennent à la génération dites des « baby-boomers » que le manque de réception aux attentes de Vatican II a profondément déçue.
Dans ces petits groupes spontanés les gens s’organisent entre eux librement. Ils se rencontrent autour de textes bibliques ou d’auteurs chrétiens, certains vont jusqu’à célébrer l’eucharistie sans prêtre. Les plus de 50 ans gardent souvent un bout de pied dans l’institution (pèlerinage à Compostelle, retraites en monastère, sessions où l’intervenant a un charisme ou un langage actuel). Les moins de 50 ans l’ignorent. Leur quête spirituelle rejoint une quête d’identité profonde et de sens à leur vie. Ils appartiennent à ces « Nouveaux aventuriers de la spiritualité » dont parlent Jean-François Barbier-Bouvet *.

Certains petits groupes se sont constitués en réseaux (ex : Les réseaux du Parvis). Peu sont reliés par internet comme « Méditation chrétienne » qui envoie par courriel à ses membres, une fois par mois, une méditation à faire seul, ou si proximité géographique, avec d’autres membres. Tous demeurent attachés à la rencontre physique. Ces pratiques en petits groupes sont des moyens de se nourrir spirituellement et de faire église ensemble.

Quelles réponses intelligentes et adaptées les institutions pourraient-elles apporter à ces spiritualités hors structures ? Elles pourraient, pour ces petits groupes, former des animateurs sachant libérer la parole, animer un échange, aider chacun à s’exprimer en respectant certaines règles ; Elles pourraient former des personnes au langage théologique et pastoral, dans les mots d’aujourd’hui, qui seraient mises à disposition ; Elles pourraient recevoir et faire remonter aux institutions les idées, les élans de créativités des gens. Il est dommage que l’église ne se nourrisse pas des apports des groupes à sa marge et même des apports des nouveaux aventuriers de la spiritualité.

Ces mouvements aux marges des églises sont-ils leur avenir ? Difficile de parler de l’avenir des églises puisque la crise qu’elles traversent est analogue à celle que traversent toutes les institutions (politiques, sociales etc). De plus, actuellement, le courant le plus conservateur des églises est en poupe. Il y a certes le courant des églises émergentes, en d’autres mots des églises non structurées, souples, liquides. On peut espérer un avenir de ce côté mais sous quelle forme ? Cécile Entremont espère plutôt dans l’avenir de l’évangile car il est et sera toujours vivant, même s’il se transmet sous forme de valeurs, de ces valeurs éternelles que suscitent les grandes crises : sensibilité à l’écologie, à ce que dit le pape François dans l’encyclique « Laudato si’ », aux paroles du Dalaï Lama … Oui, là, l’évangile a sa place et il ne faut pas voir dans les petits groupes à la marge du syncrétisme, du religieux à la carte mais une transition. Ils sont dans l’adolescence, au bon sens du terme : ils reprennent en main, à leur façon, leur vie de foi. Quant aux chercheurs de spiritualité ils tentent de répondre à la crise actuelle, qui, dans notre monde matérialiste, est fondamentalement une crise spirituelle. C’est un signe d’espérance.

* « Les nouveaux aventuriers de la spiritualité, enquête sur une soif d’aujourd’hui » Jean-
François Barbier-Bouvet, éditions MEDIASPAUL France, 2015 *.
Voir la vidéo et article sur le site Témoins : http://www.temoins.com/un-accompagnementpsychologique-
et-spirituel-parcours-de-cecile-entremont-psychologue-animatrice-ettheologienne/

Notes sur le témoignage d’Alexandre Sokolovitch

Dans son parcours de foi Alexandre Sokolovitch en est arrivé à ce qu’il nomme une église nomade, une église néo-monachiste. Comment ? Alexandre Sokolovitch se présente comme étant un français lambda, issu d’un milieu plutôt populaire réticent à tout ce qui est religieux.
Mais, alors qu’il est ado, sa mère découvre la foi chez les pentecôtistes. A 20 ans il la découvre à son tour, beaucoup par la lecture des évangiles. Très vite il s’ouvre aux autres courants chrétiens et ça dérange son milieu. Gentiment mis de côté il s’investit dans Jeunesse pour Christ, un mouvement américain interconfessionnel. Lors d’une retraite en silence il se me met à rêver à une église qui lui correspondrait et, dans un souci d’évangélisation, correspondrait à ses amis. Il rédige un projet appelé « Tchaap » : Tribu (dans le sens relationnel fort) de Chrétiens Hérétiques (dans le sens : on ne prétend pas détenir la Vérité, on expérimente) Altermondialiste Autogéré (pas de maitre à penser) Prière. C’est beau sur le papier mais comment le vivre ? Avec sa femme ils se disent qu’aujourd’hui Jésus serait avec les marginaux, les jeunes, il irait de fêtes en fêtes… Alors ils achètent un camion et vont de
festivals en festivals rencontrer les gens, juste pour être avec eux, pas pour les évangéliser. Ils vivent en nomade, sobrement, partagent des repas, créent des espaces de convivialité, de bienveillance, de louange et de prière dans ces festivals, dans la rue, les squats, les zones de grands besoins où des jeunes sont en errance. Grâce au blog d’autres chrétiens viennent les aider. Autour de ce camion puis de ce bus se créent différents pôles : échanges de livres, ateliers de peintures sur visages, tchapel (des espaces où les gens, croyants ou non, peuvent venir se poser). C’est dans ces lieux, où nul n’aurait pu croire que l’évangile puisse être présent, qu’ils trouvent leur place dans l’Eglise.

Des chrétiens et des non chrétiens les rejoignent dans ce mode de vie basé sur l’idée que l’évangile est suffisamment subversif et fort pour s’incarner dans n’importe quel terreau, dans n’importe quelle culture. Mais durant ces 3 ans de vie nomade leur foi vacille un moment. Un temps d’études dans une école charismatique au Danemark et à la faculté de théologie de Montpellier les aide. Puis naissent les enfants et le désir de se poser. On leur propose de reprendre une vieille ferme, l’ancien centre d’une association oecuménique de réinsertion de toxicomanes, la Ferme de la Chaux à la Bussière sur Ouche, en Côte d’Or. A plusieurs ils rédigent un projet d’habitat groupé toujours avec l’idée, non de recréer la communauté idéale des premiers chrétiens, mais d’entrer dans une culture, en l’occurrence celle d’un éco-village, et de voir comment l’évangile pourrait s’y incarner. Le projet est accepté. Son but : créer des petits groupes de chrétiens au service de la société, au service du mouvement alternatif et
altermondialiste de Dijon et des alentours, pour y semer la graine de l’évangile. Actuellement l’habitat groupé se compose de 4 familles. Chacune a son appartement, son mode de fonctionnement, son économie mais certaines activités sont faites collectivement (ex : l’accueil). Ils ont un gîte rural de 15 places loué à prix libre aux associations (chrétiennes, écolo…) et un espace dédié aux gens de passage. Ils organisent des formations sur la communication non violente, la gestion de conflits, le christianisme alternatif… et, une à 3 fois par an, un festival de rencontre des alternatifs où chacun propose ses idées. On n’y prêche pas. Les personnes sont accueillies avec amour et savent que les organisateurs sont chrétiens.

A la Ferme de La Chaux on suit l’année liturgique, on se réunit une fois par semaine pour les prises de décisions et pour un temps spirituel animé à tour de rôle par chaque foyer.
Quels sont ses outils de fonctionnement ? D’abord une sorte de « liturgie populaire », des cercles de partages composés d’un moment de silence, d’une lecture de l’évangile et d’un partage de chacun, de 4 à 5 minutes, sur un merci, un pardon, et un s’il te plait, qui se vivent autour d’un objet symbolique (ex : bougie) et de quelque chose à manger et à boire. Ils pratiquent la lectio divina collective, aussi via Skype, pour faire se rencontrer les chrétiens alternatifs et les alternatifs chrétiens. Leur page Facebook compte une centaine de membres actifs.
Leurs visiteurs sont-ils des déçus des églises ? Non, plutôt des jeunes qui se sentent libres de naviguer d’une institution à l’autre selon les offres (retraite ignacienne, séjour à Taizé…) et pour Alexandre Sokolovitch chaque église a ses richesses, ses bons et ses mauvais côtés.
Prenons les bons ! Dans une société transformée par la révolution numérique les églises doivent simplement s’adapter pour rester pertinente.

Voir la vidéo et l’article sur le site Témoins : http://www.temoins.com/foi-phase-soi-mondedaujourdhui/

Notes sur l’intervention de Pierre LeBel

Pierre LeBel, responsable de Jeunesse en mission (JEM) à Montréal, est l’un de ses directeurs en Amérique du Nord et mentor pour l’Echad, un groupe de jeunes émergents de Montréal.
L’intégralité de l’intervention est sur le site. Voici donc simplement, pour en donner un aperçu, le plan annoncé dans son introduction:
« J’ai pensé répondre à la question posée (dans le cadre de la Journée), en commençant par une réflexion de Léonard Cohen. Afin de donner corps à ses pensées, je poursuivrai avec quelques réflexions inspirées par Charles Taylor dans son livre, L’âge séculier *. Comme réponse au contexte de postchrétienté, je proposerai l’incarnation comme modèle de la mission de l’Église avec la kénose, le dépouillement, comme premier principe et dont j’en tire trois pistes de réflexions et d’engagements pour les églises qui se veulent émergentes. En conclusion, je soulignerai les quelques questions auxquelles je crois que les Églises ont de nos jours à répondre. »
*Lire l’article sur le site Témoins : http://www.temoins.com/lage-de-lauthenticite/
Voir la vidéo et le texte intégral dans …
Sur Pierre LeBel lire aussi l’article sur le site Témoins) http://www.temoins.com/attentes-etcheminements-pour-de-nouvelles-expressions-chretiennes-au-quebec-interview-de-pierrelebel-coordinateur-de-jeunesse-en-mission-a-montreal/

Cliquer ici pour lire l’intégralité du texte

Note sur l’intervention d’Andy Buckler

Pasteur au parcours atypique au coeur des institutions Andy Buckler est responsable pour la formation et l’évangélisation au sein de l’EPUF.

Son regard se veut d’abord bienveillant sur ces églises traditionnelles qui sont désolée de l’exode qu’elles constatent, qui prient, qui ne voient pas ce qu’elles auraient dû faire pour que leurs enfants ne délaissent pas la communauté puis, pire, que leurs petits enfants ne viennent même plus au catéchisme.
Que leur dit-il ? Que ce phénomène n’est pas de leur responsabilité, qu’il est dû à un changement sociétal qui touche toutes les églises porteuses d’une longue tradition, que toutes sont confrontées à une même question : pourquoi ce qui marchait hier ne marche plus aujourd’hui ? Mais si le monde a changé le Seigneur, Lui, ne change pas. Son message reste pertinent et la clé de la mission n’est pas dans les méthodes mais dans une confiance renouvelée en l’évangile.

Autre question : Peut-on dépasser l’opposition binaire entre institutions historiques et églises innovantes ?
Oui, comme l’enseigne la parabole du vin nouveau et des vieilles outres, il est des choses que les églises ne peuvent plus faire. Mais elle va plus loin et souligne moins une opposition structurelle que spirituelle car, vieux ou nouveau, le vin, a besoin d’une outre et la vie jaillissante de structures. Les outres sont-elles solides, sont-elles renouvelées ? Les institutions sont-elles capables d’accueillir la nouveauté ? Si souples soient-elle les nouvelles communautés ont-elles un cadre référentiel suffisant ? N’ont-elles pas besoin d’un minimum d’accompagnement. Les deux formes d’églises ont des atouts. Il importe en fait travailler le lien entre elles.

Cette crise des institutions peut être une chance pour la Mission si les institutions se laissent renouveler par le Seigneur sur les points suivants :
1) Leur identité et leur mission : un écart s’est creusé entre fidélité à la tradition et accueil de la nouveauté. Les formes culturelles des églises datent et sont décalées par rapport à aujourd’hui. Cet ancrage dans la culture d’hier interroge sur l’identité de l’église et nécessite de revenir à la question « pour quoi ou pour qui » sommes-nous là ? Le défi est de retrouver, pas de trouver, un souffle. Or, dans le passé l’église a su se renouveler. Qu’elle retrouve aujourd’hui cet élan et sache à nouveau s’incarner dans le réel.
2) Leur logique : elles doivent passer d’une logique de maintien à une logique de mission. Les églises historiques qui sacralisent et figent leur forme d’être ont un deuil à vivre, un pas d’humilité et de conversion à faire pour s’adapter au monde actuel. Mais s’adapter à n’est pas se fondre dans. La force de ces églises, dans un monde polarisé sur le présent, est de rappeler les racines, d’offrir des repères.
3) La vie d’église. Le sens de l’église est d’être en lien avec le Seigneur et les autres à l’échelle locale. Ce ne sont pas les institutions qui innovent mais les personnes. Et ces personnes sont immergées dans la société, elles y sont des témoins. L’église locale est à
penser comme un lieu ouvert, un lieu de parcours de foi où l’on accueille les gens, où on les aide à cheminer, à exercer leurs dons. On a besoin d’approches missionnaires variées, d’économie mixte, d’être capable de regarder au-delà de nos propres structures pour agir avec et non contre les autres. Or, l’audace, la créativité ne sont pas des qualités institutionnelles mais personnelles. Pourquoi ne pas entrer même en partenariat avec ceux qui ne sont pas chrétiens ?

La question n’est pas institution or not institution. Les outres sont nécessaires mais sont-elles rigides et inflexibles ou renouvelée et souples ? D’ailleurs, selon Matthieu 13v52, qui est instruit de ce qui regarde le royaume des cieux sinon ce maître de maison qui sait tirer de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes ?
Voir la vidéo et article sur le site de Témoins

Notes sur les Messy Church

Marty Wood, traduit par Andy Buckler, a présenté les Messy Church, un surprenant mouvement au nom intraduisible, qui, né en Australie, est répandu aujourd’hui dans 17 pays.
Son but ? Faire sortir les chrétiens des murs de leurs églises pour aller à la rencontre des gens.
Comment ? En organisant, à plusieurs églises, des festivals, sortes de grands pique-niques gratuits, offerts à tous.
Dans la vidéo (non traduite mais très parlante) que montre un instant Marty Wood, on assiste à une Messy church dans un parc au sud de Londres: dans cette fête où tout le monde est invité, où la nourriture, les jeux, les séances de maquillage, les ballons, tout est gratuit, il se recrée de la convivialité, un sentiment de faire communauté, et ça interroge les gens.
Mais après la fête du samedi, quelle suite le dimanche ? Le dimanche, pas de service religieux dans les églises : les chrétiens sont retournés au parc pour un culte commun joyeux et léger auquel ils pouvaient facilement inviter voisins et amis. Ce culte « en extérieur » a réuni 800. Maintenant il se déroule tous les mois et la fréquentation des églises augmente.
Et en France ? En France des églises de Clermont, dans l’Oise, ont osé une Messy Church pour rappeler aussi que l’église a sa place au coeur de la communauté locale. Ce fut un franc succès.
Voir la vidéo

Note sur l’intervention de Jean-Jacques Langlois.

Jean-Jacques Langlois est président de l’association « Famille je t’aime ». Le témoignage d’Hélène Gilloy l’a particulièrement touché. Il connait Témoins depuis des années et depuis longtemps s’attache à favoriser les connexions inter-églises. En quelques mots il rappelle les objectifs de « Famille je t’aime ».
Voir la vidéo

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On pourra consulter également: “l’intégrale en vidéo » de la précédente rencontre de Témoins: « Chrétiens dans un Nouveau Monde » (11 novembre 2014)

« Chrétiens dans un nouveau monde » . L’intégrale en vidéo !

Journée Témoins 2016

Journée de formation Témoins

SAMEDI 26 NOVEMBRE 2016 de 9h à 17

Dans les locaux du centre de formation et d’insertion Initiatives
43, bd du Maréchal Joffre
92340 BOURG-LA-REINE
RER B station Bourg la Reine

Journée Témoins

 

Présentation

Journée d’étude 2016

Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels

Parcours de foi…. Depuis le début des années 2000, le groupe de recherche
de l’association « Témoins » étudie le processus de distanciation qui s’est
développé entre des chrétiens, en nombre significatif, et les institutions
ecclésiales. Ce décalage peut être attribué, pour une part, à un manque de
pertinence des pratiques d’église. En regard, il appelle une reconsidération de
ces pratiques et un mouvement d’innovation. Témoins a contribué à mettre en
évidence le courant de l’Eglise émergente.
Cette situation s’inscrit dans un contexte de mutation sociale et culturelle qui s’accélère à notre époque. Le
développement de l’autonomie croyante, se manifeste par ailleurs dans une histoire de longue durée. En
proposant une journée d’étude sur le thème : « Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels »,
Témoins poursuit ainsi une réflexion où aspirations et questionnements se rencontrent avec les apports de
la recherche. Ici, les données bibliographiques montrent que ces parcours aux marges ne sont pas un
phénomène secondaire. Ils portent du sens et, en même temps, ils appellent la mise en oeuvre de formes
nouvelles pour un vivre ensemble chrétien. Au delà des processus d’innovation qui visent à leur rénovation,
les églises sont interpellées par ce phénomène. Au total, cette situation appelle l’ouverture d’un espace
nouveau dans lequel les itinéraires de foi puissent se rencontrer, s’appuyer sur des ressources communes et
participer à de nouvelles formes de communion, d’expression et de témoignage.

 

Déroulement

Accueil : 9h 30 – 9h 35
Communion spirituelle : 9h 35 – 9h 55

Présentation de la journée : 9h 55 – 10h
Perspective de la recherche : 10h – 10h 30 (à partir des documents communiqués)
« Parcours de foi en dialogue » Expériences et pistes de recherche 10h30 – 12h – Interventions (20 mn) de :
• Valérie Bitz : Personnalité et relation Humaine (PRH Alsace)
• Cécile Entremont : psychologue, accompagnante spirituelle et théologienne (Vidéo)
• Hélène Guilloy : traductrice et présentatrice du livre « Chrysalide »
Questions et expressions : 12h – 12h45 – Repas : 12h 45 – 14h
Quelles questions pour les institutions ? 14h – 14h 45 – Intervention de :
• Pierre Lebel : Jeunesse en mission (JEM) Québec
• Andy Buckler : Secrétaire national évangélisation et formation, Eglise protestante unie de France (EPUDF)
Temps d’échange : 14h 45 – 16h 15 – Questionnements, observations, témoignages, propositions…
Pause : 16h 15 – 16h 30 – DEMAIN ? Prospective, enjeux, propositions : 16h 30 – 17h 15 – Panel en plénière
Conclusion : 17h 15 – 17h 20 – Action de grâce : 17h 20 – 17h 30 – ENVOI

 

Document de préparation à la journée

BULLETIN D’INSCRIPTION A RENVOYER AVANT LE LUNDI 21 NOVEMBRE

Afin d’assurer la bonne organisation de la journée nous vous demandons de bien vouloir confirmer votre inscription en précisant :
Nom………………………………..…        Prénom………………………………..……..
Mail : …………………………………………… N° de tel…………………………………………. Ville/région………………………………
 
Par mail : fmenigoz@free.fr
Par courrier : chez Françoise Rontard 1 allée Louis Debondt 91170 VIRY CHATILLON
Tarif : 20€ repas du midi inclus, à régler sur place
Informations, détails de la journée, intervenants sur www.temoins.com

Edito

nouveau site TémoinsTel un été qui tarde à apparaitre, vous, nous, tous ensembles attendions l’arrivée du nouveau site internet de Témoins. Nous avons tous fais preuve de persévérance durant cette longue attente. Mais l’été ne finit-il pas toujours par nous apporter son lot de chaleur et la douceur de ses fruits ? C’est l’occasion de remercier chaleureusement toutes les personnes qui ont contribuées à l’élaboration du site, aussi bien dans sa réflexion que dans sa mise en œuvre technique. C’est le fruit d’un travail collectif.

Ce site internet permet à notre association d’exprimer qui nous sommes : Des chrétiens de tous horizons vivant dans un monde en constante évolution. Dans ce contexte nous désirons mieux comprendre les besoins, les aspirations, les désirs, les mutations, les cris ou encore les recherches de nos prochains. Nous nous interrogeons sur la manière dont l’église d’aujourd’hui répond à ces situations.

Ainsi lorsque nous constatons la vitesse avec laquelle la société se transforme, nous nous devons à travers ce site internet, de suivre cette tendance. Le renouveau du site est également le reflet de la composition de l’association. En effet ces derniers mois l’équipe s’est étoffée, élargie, enrichie, et  il paraissait indispensable d’avoir une vitrine pour présenter nos réflexions.

Cet outil nous permet d’étudier et d’observer notre monde, d’être les témoins de ses tribulations, ses transformations, ses merveilles aussi. Ces mutations nous les redoutons parfois. En effet les contextes sociaux, politiques ou sécuritaires nous poussent à nous retrancher et à rejeter notre prochain alors même que la Parole nous invite à l’aimer (Proverbes 11 ; 12 – Jacques 2 ; 8). Nous vivons des réalités difficiles qu’on ne peut ni occulter ni laisser faire. Mais ce même monde est aussi et toujours le théâtre de formidables réflexions, créations ou attitudes. Comment ne pas s’émerveiller devant les bontés de notre créateur ? « Les œuvres de l’Eternel sont grandes. Son œuvre est glorieuse et magnifique » Psaume 111. Nous voulons aussi relayer les initiatives que nous pensons bonnes ou les mouvements de pensées qui subliment la création.

Comment, dans ce contexte, les chrétiens, forts de valeurs inébranlables mais aussi conscients de leurs faiblesses, évoluent-ils dans ce monde ? C’est dans cet environnement que chacun d’entre nous doit prendre position, faire des choix et non pas seulement subir les atermoiements de notre environnement.

Cependant, dans un monde en mutation, on peut souvent observer un écart entre les institutions ecclésiales(ou les églises) et les aspirations nouvelles qui qui se manifestent chez beaucoup de chrétiens et de gens en recherche. Témoins met en évidence le courant de l’Eglise émergente qui suscite des formes accueillantes et pertinentes dans ce nouveau contexte

Ainsi chers lecteurs nous nous réjouissons de nous retrouver et d’apprendre à nous connaitre. C’est avec joie et enthousiasme que nous vous accueillons dans cet espace que nous avons conçu pour vous, à travers des rubriques auxquelles vous êtes habitués, mais avec un design et une interface nouvelle. A l’image de notre équipe nous faisons peau neuve tout en étant solidement ancrés sur les fondations de notre histoire. En explorant les différentes rubriques vous retrouverez les articles et publications des années précédentes. Vous y trouverez également des nouveautés et cette volonté de proximité avec les lecteurs. Cette volonté s’exprimera avec l’organisation d’une journée de rencontre et d’échange, le vendredi 26 novembre 2016, avec ce thème : Parcours de foi aux marges des cadres institutionnels. Là encore nous rappellerons notre rôle de témoins d’une société mouvante.

Fred Menigoz

La montée de la conscience écologique

Des voix pionnières : Jürgen Moltmann, pape François, Edgar Morin

La prise de conscience écologique est devenue un enjeu vital pour l’humanité. Manifestement, la menace actuelle n’est pas liée seulement à un dysfonctionnement des comportements. Elle dépend également d’une représentation du monde dans laquelle l’humanité manque de respect pour la nature en s’érigeant en maîtresse et dominatrice. C’est une invitation à nous interroger sur la manière dont nous envisageons la création, le projet de Dieu pour la nature et l’humanité. Comment concevoir le rapport entre notre humanité et la nature ?

Ces questions apparaissent aujourd’hui sur le devant de la scène. Nous voudrions mettre en évidence la convergence de trois approches : celle d’un théologien pionnier en ce domaine : Jürgen Moltmann, celle d’un homme d’église ouvert et courageusement novateur, le pape François, celle d’un sociologue qui a développé une prise en compte de la complexité dans une démarche holistique : Edgar Morin. Dans les trois cas, ils ouvrent de voies nouvelles par rapport à des mentalités où l’homme se perçoit comme dominant par rapport à la nature : un christianisme triomphaliste et conservateur ou un scientisme enfermé dans un exclusivisme humain.

Jürgen Moltmann

 

L’originalité de la pensée de Jürgen Moltmann est mise en évidence en France par un recueil réalisé par Jean Bastaire et publié en 2004 : « Le rire de l’univers. Traité de christianisme écologique » (1). C’est une remarquable anthologie de textes de Moltmann sur cette question. Dans sa recherche pour relier écologie et christianisme, Jean Bastaire nous montre qu’au début du XXIè siècle, cette synthèse était encore loin de s’être réalisée dans le catholicisme français et que la pensée de Moltmann lui a permis d’accomplir un pas décisif : « Je n’ai connu Jürgen Moltmann que ces toutes dernières années après avoir écrit et publié avec mon épouse plusieurs ouvrages sur l’écologie chrétienne et la dimension cosmique du Christ… Cette mystique de la terre de Dieu a profondément inspiré le combat que mène notre couple en compatissant à la souffrance de toute créature et en travaillant à réaliser la Pâque de l’univers… Nous ne soulevons pourtant guère d’écho dans les milieux chrétiens dont les membres sont très peu nombreux à établir un lien entre des besoins anthropocentriques devenus impérieux en matière d’écologie et des exigences théocentriques de tout temps évidentes au niveau de la fraternité cosmique. L’enseignement de Saint Paul et de Saint Jean est escamoté et l’exemple de François d’Assise sert généralement de poétique cache-misère à la trahison permanente du Petit Pauvre… ». C’est alors que Jean Bastaire a trouvé un apport décisif dans un aspect de l’œuvre de Moltmann : sa théologie de la création : « Jürgen Moltmann me procure un enrichissement décisif dans un domaine : le messianisme eschatologique dont il ne suffit pas de dire qu’il constitue le couronnement de la révélation biblique et chrétienne, mais qu’il en récapitule toute l’étendue depuis la Genèse jusqu’à la Parousie… Il n’est pas indifférent que Moltmann, théologien réformé réalise à ce sujet un étonnant rassemblement entre protestants, orthodoxes et catholiques qu’il reconduit à leur commune racine juive ».

 

Très tôt, dès 1985 (1988 dans la traduction française), Jürgen Moltmann publie un livre pionnier : « Dieu dans la création », accompagné d’un sous-titre qui en indique la visée : « Traité écologique de la création » (2). « Que signifie croire au Dieu créateur, croire que ce monde est sa création, face à l’accroissement de l’exploitation industrielle et de l’irréparable destruction de la nature ? Ce qu’on appelle : « crise de l’environnement » n’est pas seulement une crise de l’environnement naturel de l’homme, mais rien de moins qu’une crise de l’homme lui-même ».

Moltmann propose une vision du processus de la création en phase avec une approche holistique : « Dans mon titre : « Dieu dans la création », j’ai en vue Dieu, l’Esprit Saint. Dieu est « Celui qui aime la vie » et son esprit est dans toutes les créaturesCette doctrine de la création qui part de l’Esprit créateur divin, inhabitant, est aussi en mesure de fournir des points de départ pour un dialogue avec les philosophies anciennes et nouvelles de la nature, non mécanistes, mais intégrales ».

Le respect de la nature passe par la conscience de la présence de Dieu dans l’ensemble de la création à laquelle nous participons. « Selon le sens du mot grec, écologie signifie « la science de la maison » (oikos). Que peut avoir à faire la doctrine chrétienne de la création  avec la « science de la maison » ? Absolument rien si on ne voit qu’un créateur et son œuvre. Mais si on comprend le créateur, sa création et son but de façon trinitaire, alors le créateur habite par son Esprit dans l’ensemble de la création et dans chacune de ses créatures et il les maintient ensemble et en vie par la force de son Esprit ».

Mais la nature actuelle est encore souffrante, contrainte, exposée à des forces contraires. Ainsi Moltmann l’envisage dans un mouvement de libération et de recréation : « Cette doctrine chrétienne de la création prend au sérieux le temps messianique qui a commencé avec Jésus et qui tend vers la libération des hommes, la pacification de la nature et la délivrance de notre environnement à l’égard des puissances du négatif et de la mort ».

 

Le pape François

 

La lettre encyclique du pape François : « Laudato Si’ » (Loué sois-tu !) sur la sauvegarde de la maison commune (3) a eu un grand retentissement. Un commentaire d’Edgar Morin, sociologue et philosophe éminent, et se situant par ailleurs en dehors du champ de la croyance, témoigne de cette audience. Répondant à une interview du journal « La Croix » (4), Edgar Morin écrit ainsi : « Nous vivons dans une époque du désert de la pensée, une pensée morcelée où les partis qui se prétendent écologistes n’ont aucune vraie vision de l’ampleur et de la complexité du problème, où ils perdent de vue l’intérêt de ce que la pape François dans une merveilleuse formule reprise de Gorbatchev appelle « la maison commune ». Or, cette même préoccupation d’une vue complexe globale au sens où il faut traiter les rapports entre chaque partie m’a toujours animé. Dans ce « désert » actuel, donc voilà que surgit un texte que je trouve tellement bien et qui répond à cette complexité. François définit « l’écologie intégrale » qui n’est surtout pas cette écologie profonde qui prétend convertir au culte de la terre et tout lui subordonner. Il montre que l’écologie touche en profondeur nos vies, notre civilisation, nos modes d’agir, nos pensées. Plus profondément, Il critique un « paradigme techno-économique », cette façon de penser qui ordonne tous nos discours et qui les rend obligatoirement fidèles aux postulats techniques et économiques pour tout résoudre. Avec ce texte, il y a à la fois une demande de prise de conscience, une incitation à repenser notre société et à agir. C’est bien le sens de providentiel : un texte inattendu et qui montre la voie ».

On sait que les propos du pape François tranchent avec un milieu conservateur, hiérarchisé et formaliste avec lequel il se trouve confronté au centre de l’Eglise catholique. Ainsi est-il particulièrement attentif aux dimensions sociales et économiques du monde dans lequel nous vivons. Dans une profonde humanité et une attention au vécu des gens, il témoigne de la spontanéité bienfaisante de l’Evangile. Et dans cette encyclique, il y a également un souffle qui passe. En se référant à Saint François, le pape communique une vision mystique de « l’harmonie avec Dieu, avec les autres, avec la nature et avec soi-même ». « Si nous nous nous approchons de la nature et de l’environnement, sans cette ouverture à l’étonnement et à l’émerveillement, si nous ne parlons plus le langage de la fraternité et de la beauté dans notre relation au monde, nos attitudes seront celles du dominateur, du consommateur ou du pur exploiteur de ressources incapables de fixer des limites à ses intérêts immédiats. Le monde est plus qu’un problème à résoudre. Il est un mystère joyeux que nous contemplons dans la joie et la louange… ». Dans cette dynamique positive, le pape François appelle à « la sauvegarde de notre maison commune », ce qui requiert « l’union de toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral ». Cette encyclique énonce et analyse les maux qui affectent la nature et l’humanité. Elle expose la racine humaine de la crise écologique dans un usage effréné et irréfléchi de la technologie. Elle propose une « écologie intégrale » dans un esprit de justice et de solidarité. Cette dynamique est éclairée par le message biblique et la foi évangélique. Elle requiert et appelle « une éducation et une spiritualité écologique ».

Cette encyclique s’achève sur une vision de la nouvelle création et de la vie éternelle : « A la fin, nous nous retrouverons face à face avec la beauté infinie de Dieu (cf Co 13,12) et nous pourrons lire, avec une heureuse admiration, le mystère de l’univers qui participera avec nous à la plénitude sans fin. Oui, nous voyageons vers le sabbat de l’éternité, vers la nouvelle Jérusalem, vers la maison commune du ciel. Jésus nous dit : « Voici, je fais l’univers nouveau » (Ap 21.5). La vie éternelle sera un émerveillement partagé, où chaque créature, transformée d’une manière lumineuse, occupera sa place… Entre temps, nous nous unissons pour prendre en charge cette maison qui nous a été confiée, en sachant que tout ce qui est bon en elle sera assumé dans la fête céleste. Ensemble, avec toutes les créatures, nous marchons sur cette terre en cherchant Dieu, parce que « si le monde a un principe et a été créé, il cherche celui qui l’a créé, il cherche celui qui lui a donné un commencement, celui qui est son créateur »… Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance ».

Cette encyclique mérite d’être lue attentivement d’un bout à l’autre. Ecrite à partir d’un univers catholique, mais s’élevant au delà pour aller à la rencontre de tous les hommes, elle a un potentiel de conscientisation considérable, notamment dans le vaste milieu dont elle est issue. C’est un message, mais c’est aussi un événement.

 

Edgar Morin

 

Sociologue et philosophe de renommée internationale, Edgar Morin a réalisé une œuvre  très riche et très diversifiée (5).

Au cours d’un séjour en Californie de 1969 à 1970, il prend conscience de la question écologique. Dès lors, il va poursuivre une réflexion dans ce domaine. Ainsi, avec « Le paradigme perdu : la nature humaine » publié en 1973, il explique que l’homme n’est pas le maître de la nature, mais son partenaire et que c’est autant la nature qui en impose à l’homme que l’inverse. En 1993, Edgar Morin écrit avec Anne-Brigitte Kern un livre : « Terre patrie » qui marque une prise de conscience  de la communauté du destin terrestre. Cependant, l’apport majeur d’Edgar Morin, c’est une réflexion de long terme sur « la méthode » dans le travail de la connaissance qui est jalonnée par plusieurs ouvrages. Edgar Morin y porte un nouveau paradigme, celui de la complexité qui implique la prise en compte des liens entre les différentes composantes du savoir et un point de vue transdisciplinaire. Ce paradigme va se développer dans les sciences humaines et il est particulièrement en phase avec l’approche écologique.

Comme nous en avons déjà fait part, dans son interview à « La Croix », Edgar Morin a mis l’accent sur des convergences fondamentales avec le texte : « Laudato Si’ », tout en marquant sa différence dans l’interprétation des textes bibliques. Relevons ici tout simplement quelques convictions de fond exprimées par Edgar Morin :

« Nous savons aujourd’hui que nous avons en nous des cellules qui se sont multipliées depuis les origines de la vie, qu’elles nous constituent encore comme tout être vivant. Si nous remontons ainsi à l’histoire de l’univers, nous portons ainsi en nous tout le cosmos et d’une façon singulière. Il y a une solidarité profonde avec la nature, même si, bien entendu, nous sommes différents par la conscience, la culture. Mais tout en étant différents, nous sommes tous des enfants du Soleil. Le vrai problème, c’est non pas de nous réduire à l’état de nature, mais de nous séparer de l’état de nature…

Il existe un humanisme anthropocentriste qui met l’homme au centre de l’univers, qui fait de l’homme le seul sujet de l’univers. En somme où l’homme se situe à la place de Dieu. Je ne suis pas croyant, mais je pense que ce rôle divin que s’attribue parfois l’homme, est absolument insensé. Et une fois qu’on se situe dans ce paradigme anthropocentriste, la mission de l’homme très clairement formulée par Descartes, c’est conquérir la nature et la dominer. Le monde de la nature est devenu un monde d’objets. Le véritable humanisme, c’est au contraire celui qui va dire que je reconnais dans tout être vivant à la fois un être semblable et différent de moi ».

 

Convergence et dialogue

 

Les grandes voix que nous venons d’entendre se rejoignent sur bien des points et peuvent entrer dans un dialogue constructif. Ainsi l’accueil enthousiaste de l’encyclique « Laudato Si’ » par Edgar Morin, sociologue et philosophe, pionnier dans une nouvelle approche des sciences humaines, est particulièrement significative et d’autant plus que celui-ci se dit non croyant.

On peut imaginer un dialogue constructif entre Jürgen Moltmann et Edgar Morin. Rappelons l’intention de Moltmann dans sa doctrine de la création : En « partant de l’Esprit créateur, inhabitant », son approche se veut « en mesure de fournir des points de départ pour un dialogue avec les philosophies anciennes et nouvelles de la nature, non mécanistes, mais intégrales ».

Jürgen Moltmann montre comment à partir de la Renaissance, en Europe Occidentale, Dieu a été envisagé de plus en plus comme le « Tout puissant ». L’omnipotence est devenue un attribut de la divinité. Ce changement dans la représentation dominante de Dieu a engendré une transformation de la représentation de la nature. Comme image de Dieu sur la terre, l’être humain a été amené à se voir lui même en correspondance comme maître et Seigneur, à s’élever du monde comme objet passif et à le subjuguer (6). La Genèse a été interprétée en ce sens. Ainsi Moltmann entend la critique d’Edgar selon lequel la Bible raconte une création de l’homme complètement séparée de celle des animaux et a suscité une pensée anthropocentriste, mais il la resitue historiquement et présente une autre interprétation de la Genèse. Il rejoint Edgar Morin dans sa critique de l’humanisme anthropocentriste. La question posée est celle de la représentation de Dieu. Dieu, nous dit Moltmann, « n’est pas un Dieu solitaire et dominateur qui assujettit toute chose. C’est un Dieu relationnel et capable d’entrer en relation. C’est un Dieu en communion ».

Comme Edgar Morin, Moltmann critique les excès de la pensée analytique. « La pensée moderne s’est développée en un processus d’objectivisation, d’analyse, de particularisation et de réduction. L’intérêt et les méthodes de cette pensée sont orientés vers la maitrise des objets et des états de chose. L’antique règle romaine de gouvernement : « Divide et impera » imprègne ainsi les méthodes modernes de domination de la nature… A l’opposé, certaines sciences modernes, notamment la physique nucléaire et la biologie, ont prouvé à présent que ces formes et méthodes de pensée ne rendent pas compte de la réalité et ne font plus guère progresser la connaissance. On comprend au contraire beaucoup mieux les objets et les états de chose quand on les perçoit dans leurs relations avec leur milieu et leur monde environnant… La perception intégrale est nécessairement moins précise que la connaissance fragmentaire, mais plus riche en relations… Si donc on veut comprendre le réel comme réel et le vivant comme vivant, on doit le connaître dans sa communauté originale et propre, dans ses relations, ses rapports, son entourage… Une pensée intégrante et totalisante s’oriente dans cette direction sociale vers la synthèse, d’abord multiple puis enfin totale… ». Ces quelques notations permettent un dialogue constructif entre Jürgen Moltmann et Edgar Morin, ce sociologue et philosophe qui a développé un « paradigme de la complexité ».

Et, parallèlement, sur un autre registre, on perçoit également les convergences qui s’établissent entre Jürgen Moltmann et le pape François. Comme Jean Bastaire l’a montré, il y a un mouvement de fond qui se développe aujourd’hui en ce domaine. Un bel exemple est la correspondance entre la méditation du pape François sur la vie éternelle à la fin de son encyclique et le texte visionnaire de Jürgen Moltmann sur « la fête de la vie éternelle » comme dernier chapitre du recueil « Le rire de l’univers ». « Le rire de l’univers est le ravissement de Dieu » (7).

 

En route

 

Il y a des moments où l’apparition et le développement d’idées nouvelles en phase avec une évolution des mentalités suscitent à terme un changement du cours de l’histoire. A cet égard, l’exemple du XVIIIè siècle est particulièrement significatif. On peut penser qu’il en est de même aujourd’hui. Voilà pourquoi la mise en correspondance de la pensée de Jürgen Moltmann, du pape François et d’Edgar Morin nous paraît heuristique à travers les convergences dont elle témoigne.

Le 21 juillet 2015, un « sommet des consciences » (8) s’est réuni à Paris en rassemblant des personnalités influentes sur le plan religieux, moral et spirituel pour appeler à une prise de conscience écologique débouchant sur un engagement commun conjuguant action collective et changement personnel. Tous les aspects de notre être sont concernés (9) et la transformation de nos comportements est étroitement liée à celle de nos représentations. Chacun à leur manière, Jürgen Moltmann, le pape François et Edgar Morin éveillent notre compréhension et induisent un changement de notre regard.

 

Jean Hassenforder

(1)            Moltmann (Jürgen). Le rire de l’univers. Traité de christianisme écologique. Anthologie réalisée et présentée par Jean Bastaire. Cerf, 2004. Les textes de Jean Bastaire mentionnés dans cet article sont issus de la préface écrite par celui-ci.

(2)            Moltmann (Jürgen). Dieu dans la création. Traité écologique de la création. Cerf, 1988. Les textes cités sont issus de la préface, de la page de couverture, et en fin de parcours du texte : « la connaissance de la nature comme création de Dieu » (p 14-16).  Un aperçu sur le livre : « Dieu dans la création » sur le blog : « L’Esprit qui donne la vie » : http://www.lespritquidonnelavie.com/?p=766

(3)            Pape François. Loué sois-tu. Lettre encyclique Laudato Si’ du Saint-Père François  sur la sauvegarde de la maison commune. Artège, 2015

(4)            Interview d’Edgar Morin par « La Croix » : « Edgar Morin. « L’encyclique Laudato Si’ est peut-être l’acte 1 d’un appel pour une nouvelle civilisation » : Site de « La Croix » le 21 juin 2015 : http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Edgar-Morin-L-encyclique-Laudato-Si-est-peut-etre-l-acte-1-d-un-appel-pour-une-nouvelle-civilisation-2015-06-21-1326175?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&utm_campaign=Echobox&utm_term=Autofeed

(5)            Biographie d’Edgar Morin sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_Morin

(6)            « Ecologie et spiritualité » : http://www.temoins.com/societe/ecologie-et-spiritualite

(7)            « Réflexion : Pâques manifeste la plénitude de Dieu » : http://www.temoins.com/ressourcement/vie-et-spiritualite/ressourcement/reflexion-paques-manifeste-la-plenitude-de-dieu

(8)            « Le sommet des consciences » : https://www.whydoicare.org/fr

(9)            « Un monde en mutation. la guérison du monde, selon Frédéric Lenoir » : http://www.temoins.com/un-monde-en-mutation-la-guerison-du-monde-selon-frederic-lenoir

Martin Luther King à Selma à travers le film d’Ava DuVernay

Un mouvement inspiré

Comme Gandhi ou Mandela, Martin Luther King est aujourd’hui, reconnu à l’échelle du monde, comme une des grandes figures qui balisent la lutte pour la justice et pour l’émancipation des opprimés. A travers une action conflictuelle, mais non violente, Martin Luther King a gagné la bataille des droits civiques pour la minorité afro- américaine aux Etats-Unis parce qu’il a su proposer une vision mobilisatrice inspirée par une foi chrétienne  nourrie par les promesses bibliques, faisant écho au ferment de liberté de l’histoire des Etats-Unis.

Sur ce site (1), nous avons déjà retracé la démarche épique et charismatique de Martin Luther King. Etonnamment, la figure de celui-ci n’avait pas été le sujet d’un film comme d’autres grandes personnalités. Ce manque est comblé par la production du film réalisé par une jeune cinéaste américaine : Ava DuVernay : « Selma » (2). Ce film ne couvre pas la vie entière de Martin Luther King, mais un épisode significatif de son action : les marches engagées à Selma, une petite ville de l’Alabama, pour la conquête d’un droit de vote jusque là dénié aux afro-américains. Face à la violence de la répression policière, l’opinion américaine s’émeut et le président des Etats-Unis peut faire voter une loi qui ouvre la participation électorale aux afro-américains.

Aujourd’hui, si les inégalités sociales et économiques persistent, parfois cruellement, la ségrégation a pris fin et des afro-américains occupent des places importantes dans la vie nationale. A travers son élection, le président Obama témoigne lui-même de ce changement. Lors du cinquantième anniversaire des évènements de Selma, il était présent et a prononcé un discours dont la portée a été reconnue au delà de son milieu politique (3).

Le film « Selma »  retrace un mouvement épique, éveille l’émotion et nous invite à une espérance active. D’autres causes méritent aujourd’hui notre engagement. Pasteur baptiste, Martin Luther King a su traduire en actes l’inspiration libératrice qui émane de la Bible et de l’Evangile. C’est un message toujours bienvenu à une époque où le religieux peut  être instrumentalisé par des milieux conservateurs. Mais aujourd’hui encore, d’autres personnalités chrétiennes comme le pape François dans l’Eglise catholique, participent au mouvement en faveur des défavorisés. Le film « Selma » suscite une prise de conscience qui a besoin d’être constamment entretenue et renouvelée.

Jean Hassenforder

 

(1)            Sur ce site : « Réflexion sur le rêve américain de Martin Luther King » : http://www.temoins.com/jean-hassenforder-reflexion-sur-le-reve-americain-de-martin-luther-king

(2)            On trouvera sur le web une bonne information sur ce film. Notons ici la belle présentation qu’en fait Jean-luc Gadreau sur son blog : « ArtSpi’in » : « Selma, pour se mettre en route » : http://artspiin.eklablog.com/selma-pour-se-mettre-en-marche-a114847768

(3)             Sur le blog : Vivre et espérer, le discours de Barack Obama à Selma : « De Martin Luther King à Obama » : http://www.vivreetesperer.com/?p=2065

L’heureux naufrage. L’ère du vide dans une société postmoderne

Film Heureux naufrageUn film québécois, porteur d’une recherche existentielle.

Le Québec a une histoire religieuse singulière. En cherchant à protéger leur identité par rapport à un environnement anglophone pendant une longue période de leur histoire, les québécois ont cherché dans l’Eglise catholique, direction et protection. Cette Eglise a prospéré en exerçant un rôle de plus en plus dominateur. Au début des années 60, au contact de la vie moderne, cette construction s’est effondrée comme un château de cartes, sans grandes querelles par ailleurs. Un état démocratique est apparu.

Ce mouvement radical s’est opéré dans ce qu’on a appelé « la Révolution tranquille ». Et puis, comme dans beaucoup d’autres pays occidentaux, en France notamment, la fréquentation de l’Eglise catholique s’est affaissée en fonction d’un déphasage par rapport aux réalités sociales et culturelles, pour autant qu’elle reste, dans certaines de ses composantes, un lieu de vie chrétienne qui cherche à se renouveler et innover. Au total, le paysage religieux a profondément changé. Les gens d’aujourd’hui sont appelés à rechercher le sens de leur vie dans une démarche d’ « autonomie croyante » comme la sociologue française, Danièle Hervieu-Léger, l’a montré dans son œuvre de recherche (1).

Cependant, en rapport avec un passé religieux prégnant qui laisse des traces, des québécois sont d’autant plus interpellés par rapport à ce qui, dans la vie d’une société postmoderne, leur apparaît comme un vide existentiel particulièrement prononcé. Cette recherche vient de s’exprimer dans le film de Guillaume Tremblay : « L’Heureux Naufrage. L’ère du vide dans une société postmoderne » (2). Sans vouloir revenir en arrière, ce film évoque le désarroi de nombreux québécois par rapport à une perte de référence. Le naufrage de l’Eglise catholique a été vécu, à l’époque, comme une libération, mais n’y a-t-il pas eu aussi une perte comme si on avait jeté le bébé avec l’eau du bain ? A travers des interviews, différents cheminements sont présentés, accompagnés par des réflexions et des interrogations. Le film suscite ainsi le questionnement. Certes, on peut se demander quelle est la représentativité de ce panel qui induit une certaine tonalité dans le discours. Cette question a été posée, mais, au total, ce film atteint son objectif : aider les gens à se poser des questions, à les formuler et à oser parler publiquement de leur recherche spirituelle. Ce film est le produit d’une initiative militante, celle d’un jeune cinéaste, Guillaume Tremblay, qui s’est engagé dans cette aventure en phase avec sa propre recherche existentielle (3). Il a réussi à réaliser un film de qualité qui a trouvé audience au Québec.

 

Dans ce film, l’auteur a interviewé également des personnalités françaises comme Frédéric Lenoir, André Comte Sponville, Jean-Claude Guillebeau, Eric Emmanuel Schmitt. Les questions posées dans ce film ont une portée générale. Très bientôt, ce film est présenté en Belgique et en France, le 5 mars 2015 à Bruxelles et le 6 mars 2015 à Paris. Ce sera une occasion de dialogue.

 

Jean Hassenforder

 

(1)            Danièle Hervieu-Léger est l’auteur d’un livre qui est devenu un ouvrage de référence : « Le pèlerin et le converti ». Sur ce site : « L’autonomie croyante.  Questions pour les églises » : http://temoins.com/jean-hassenforder-lautonomie-croyante-questions-pour-les-eglises/                                    Voir également une conférence récente de Danièle Hervieu-Léger à Lyon : « Le paradoxe de la scène religieuse occidentale » : http://temoins.com/le-paradoxe-de-la-scene-religieuse-occidentale-une-conference-de-daniele-hervieu-leger-le-5-fevrier-2014

(2)            L’Heureux Naufrage. L’ère de vide dans une société postmoderne : bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=GFa-c–aLbY

(3)            « Le Québec est-il en proie à un vide existentiel ? » Interview de Guillaume Tremblay : https://www.youtube.com/watch?v=0hFXU0KYV7M

(4)            Toute l’information sur la venue du film en Europe sur un site dédié : « Heureux naufrage. Première Europe » : http://www.heureuxnaufrage.com/