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MLK 50 ans après : 10 morceaux indispensables selon le King

Martin Luther KingEn mémoire de James H. Cone (5 août 1936 – 28 avril 2018)

Pour accompagner la parution de notre édition d’avril 2018, à l’occasion des 50 ans de la mort de Martin Luther King, nous avons répertorié 10 chansons fondamentales dans l’histoire du rêve afro-américain, notamment évangélique, pour les droits civiques et la liberté politique portés par MLK. En se souvenant, grâce à l’article de Jean-Luc Gaudreau, indispensable en la matière ( « Chanson pour le King » http://artspiin.eklablog.com/chansons-pour-le-king-a141486686) et dans l’esprit des Inrocks « sans occulter certains classiques inébranlables, qui existent de fait comme balises, reliefs ou totems », que « l’entreprise est avant tout affective. »  Il s’agit de redécouvrir les contours et les ramifications de la spiritualité de Martin Luther King, en insistant  sur ses influences et descendances musicales, directes ou indirectes, dans une perspective de décloisonnement musical, sentimental… et spirituel, en mémoire de James H. Cone, le grand théologien noir américain décédé le 28 avril dernier (https://www.nytimes.com/2018/04/29/obituaries/james-cone-dead.html). In loving memory et mémoire éternelle :James H. Cone

« Les êtres humains sont nés pour vivre et non pour mourir, pour la liberté et non pour l’esclavage, créés les uns pour les autres et non contre les autres. Il faut par conséquent, faire tomber les barrières qui séparent les gens. Pour Malcom X et King, pour l’Amérique et le monde et pour tous ceux qui ont offert leur vie dans la lutte pour la justice, n’ayons qu’un seul but de lutte, cette communauté bien aimée qu’est l’humanité ». James H. Cone (5 août 1936 – 28 avril 2018).

DG

En Photos: Revisiting Martin Luther King’s 1963 Dream speech, Big Pictures, The Boston Globe

En français : https://www.museeprotestant.org/notice/martin-luther-king/ ; http://réformés.ch/recherche/contenu?keys=Martin%20Luther%20king

En Expo : https://vimeo.com/250646861http://www.mlk50.lasnes.fr

En Livres : « Martin Luther King, prophète », par Serge Molla, Éd. Laboratoire et Fides : https://www.laboretfides.com/fr_fr/index.php/martin-luther-king-prophete.html, « La force d’aimer », 17 sermons de MLK, aux Éditions Empreinte – Temps présent : http://www.editions-empreinte.com/9325-la-force-d-aimer-martin-luther-king.html  ; « Martin Luther King : l’idéal de la communauté bien-aimée », par Jean-Claude Girondin, Editions mennonites, 2018 : https://www.editions-mennonites.fr/2018/04/martin-luther-king-la-force-daimer-un-documentaire-avec-plusieurs-mennonites-comme-temoins/

En Vidéos : « 5’ pour comprendre l’héritage de Martin Luther King », par Frédéric Rognon, Jean-Marie Muller et Jean-Claude Girondin :https://campusprotestant.com/formats/martin-luther-king-50-ans-apres/ ; « Je suis Martin Luther King », par Michael Hamilton et John Barbisan : http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/je-suis-martin-luther-king,127044569.php

En musique* :

1. Louis Armstrong, Nobody knows https://youtu.be/SVKKRzemX_w

2. Louis Armstrong, What a wonderful word https://youtu.be/CWzrABouyeE

3. Nina Simone, I Wish I Knew How It Would Feel To Be Free https://youtu.be/-sEP0-8VAow

4. Bob Dylan, Blowin’ in the win https://youtu.be/IrNYBWRtMp8

5. Aretha Franklin, I say a Little Prayer, https://youtu.be/7Ifw8JhDBvs

6. James Brown, Get Up, Get in to it, Get involved https://youtu.be/SYrXdkKQTeE

7. Stevie Wonder, Happy Birthday, https://youtu.be/inS9gAgSENE

8. Bono, U2, In the Name of Love, https://youtu.be/LHcP4MWABGY

9. Will. I. Am, Yes We Can, Barak Obama Music Video, https://youtu.be/jjXyqcx-mYY

10. Rage against the machine, Wake up https://youtu.be/wauzrPn0cfg

* « …quelques chansons qui ont abordé la question en lien, soit directement avec l’homme et son parcours, soit avec les principales thématiques portées par cet apôtre de la non-violence (…) Le Blues fut et reste la bande son du désespoir, la matrice de toutes les musiques afro-américaines. L’esclavage, tragédie humaine effroyable, a finalement provoqué la naissance d’une multitude d’engagements artistiques qui ont porté le discours de Martin Luther King jusqu’à Washington.…Plus globalement, à travers les années, la sphère musicale a été nourrie avec des chansons inspirées par Martin Luther King ou lui rendant hommage… »

Source : Jean-Luc Gadreau : http://artspiin.eklablog.com/chansons-pour-le-king-a141486686

Martin Luther King, prix Nobel de la paix en 1964 : sur le site du prix Nobel.

Martin Luther King, homme de paix : recueil de textes et de documents sur sa vie et ses engagements. I Have A Dream… le célèbre discours de Martin Luther King en version multimédia, sur le site de l’université de Stanford. Institut Martin Luther King de recherches et d’éducation de l’Université de Stanford. Le site du centre Martin Luther King, créé en 1968 à Atlanta.

Elégie pour Martin Luther King, par Léopold Sédar SENGHOR

Ne perdez pas le fil !

dernière arctualité sur temoins.comNos articles sont gratuits, et nous avons à coeur de les diffuser le plus largement possible, y compris sur les réseaux sociaux. Or, comme l’un des meilleurs articles spécialisés l’explique (https://theconversation.com/changement-dalgorithme-sur-facebook-moins-de-contenus-medias-plus-de-recettes-publicitaires- ) : Facebook a décidé de reléguer les médias au second plan sur vos fils, privilégiant les échanges informels et « personnels » entre ses utilisateurs. L’algorithme est assez opaque et nous avons peu d’informations sur l’évolution de son mode de fonctionnement.

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David Gonzalez

Source : https://theconversation.com/fr

De l’espoir sur la prospective

Vous êtes habitué(e) à méditer en marchant dans les rues, sur le bord des chemins et le long des trottoirs ? A lire ou à écrire à l’arrière des voitures et dans les trains, dans des cafés ou au fond de votre lit ? Hé ! Bien, où que vous vous trouviez, notre nouvelle édition est faite pour vous, le sommaire et thèmes de prospective pour 2018 vous attendent dans la suite de cet édito. Autant de pistes pour mieux connaître ce qui marche déjà bien en France et penser à s’engager dans ce qui pourrait marcher encore mieux bientôt, peut-être, grâce à chacune et chacun de nous. « Viser plus, demander plus. C’est cela l’espoir : il attend toujours plus que l’effectuable ; nous sommes dépositaires du surplus de l’espoir sur la prospective. » (Paul Ricoeur*) Bonnes méditations💡 DG

Noyé(e) sous l’info ? A chaque nouvelle édition, la Lettre de nouvelles de Témoins vous propose une sélection dans l’actualité de la culture chrétienne émergente et tente de vous proposer ce qui est important, à travers ses rubriques Recherche et innovation, Culture et société, Vie et spiritualité et Actualités. Ce mois-ci : « Culture numérique et spiritualité », par Pierre-Jean Gubert, « Un évènement dans la ville », par Jean Hassenforder, « Pour une théologie en phase avec les questions de notre temps », par Rodolphe Gozegba, et « Mandela et Gandhi. La sagesse peutelle changer le monde ? »…

Mais tout d’abord voici comme annoncé, 8 pistes de réflexion, ces fameux Tops plus ou moins faciles, qui peuvent nous aider, nous faire sourire ou réfléchir, voire même, nous faire avancer !

1. Les vélos à disposition en autonomie
En ce début d’année, plusieurs nouveaux fournisseurs de la deuxième génération de « Vélib’ » à Paris et en province, Smoovengo et Goobee Bike, par exemple, ont du fermer leurs antennes dès janvier, notamment à Reims, Lille et Montpellier, suite à de trop nombreuses dégradations.
Pourtant ce service renforce l’offre des vélos en libre-service dans les grandes villes et en est quelquefois le seul pourvoyeur. Alors, à quand la victoire de ce nouveau mode de transport urbain qui vient de fêter ses 10 ans en France ? Un repère à cultiver soigneusement (lui aussi), en 2018 : David contre Goliath.

2. La réquisition de logements pour les sans-abri
Dans plusieurs pays, l’Etat a calculé qu’un « sans abri coûte plus cher dans la rue que dans un logement. Dès lors, les pouvoirs publics sont en mesure de faire une réquisition des logements vacants pour accueillir les personnes qui vivent dans la rue. C’est notamment le cas de l’Utah, qui applique systématiquement la mesure depuis une dizaine d’années ». En France, malgré les dispositions législatives de 1945 puis 1995-1996, la réquisition des logements vacants ne progresse pas ou très peu, si l’on tient compte du parc d’immeubles vacants, et surtout de l’importance de notre résistance culturelle. La question : « comment échapper à la réquisition de logements vacants » est au Top des requêtes sur Internet. Vous avez dit: résistance culturelle, ou exception française ?

3. Les auberges de jeunesse
Nous avons de superbes auberges de jeunesse en France et de magnifiques gîtes, hôtels, camping et « Air B and B » (du nom de la principale plate forme d’échanges de logements entre particuliers); mais les auberges de jeunesse, en nombre, finalement, nous n’en avons pas tant que ça (152), par rapport à des dizaines d’autres pays dans le monde. Dans les pays d’Europe, d’Eurasie ou encore d’Amérique latine (ou même aux Etats-Unis, à New-York), l’auberge de jeunesse est le système auquel les jeunes ont le plus souvent recours pour voyager dans de bonnes conditions à des prix abordables. Des auberges de jeunesse plus nombreuses en France… où il fait si bon vivre… I have a dream ?

4. La mise en place de conditions carcérales dignes
Cette liste de pistes prospectives a été imaginée fin 2017, c’est-à-dire un mois avant les grèves de janvier 2018 dans les établissements pénitenciers en France, tant les conditions de vie en prison sont devenues un serpent de mer et un enjeu du débat public. Il est certainement temps de s’inspirer des modèles nordiques, où le taux de récidive est bien moindre qu’en hexagone : « la prison doit aussi préparer à la réinsertion et n’est pas simplement un instrument punitif et de prévention ». Dans ces domaines en France, en urgence, les choses sont en train de changer.

5. Le financement du gratuit et de Wikipédia
Étonnement, d’après une étude, citée par Topito, seuls 11% des utilisateurs français de Wikipédia se disent prêts à donner de l’argent à la Fondation, « qui ne fonctionne que sur les dons et ne s’inscrit pas dans un modèle de profit mais bien d’entraide collaborative ». A l’opposé, des pays comme l’Inde répondent favorablement à 42% à ces demandes de dons : idem pour l’Egypte et les Etats-Unis ! Il est possible que l’on se mette à aimer payer pour ce qui en vaut la peine en France. C’est une question d’économie, de culture et de réalisme…mais pas seulement.

6. La méditation à l’école
Alors que les études se multiplient prouvant les bienfaits à long terme de la méditation sur la santé, le bien-être et la capacité de concentration, la France tarde toujours à embrasser le mouvement. Aux Etats-Unis, au Canada comme en Europe du nord, des méthodes de méditation adaptées à l’enfant sont mises en place dans certaines classes depuis 2009. Mais en France, les pouvoirs publics demeurent sceptiques par rapport à ces pratiques. Avis aux lanceurs d’alerte !

7. Les livres en libre service
Au Danemark et en Angleterre, au Québec et au Canada – et de manière générale dans tous les pays où il fait froid -, la pratique de la bibliothèque publique et ouverte tard est courante. Le « swapping », l’échange de livre est courant : on prend un livre, on le remplace par un autre. Les livres passent de main en main. Les bons livres ont ainsi plusieurs vies ! Mais en France, pour l’instant, ça n’a pas pris. Alors, je vous le dis, pour ce changement comptez sur moi – et contactez-moi, je vous aiderai à adopter une boîte à livres et alimenter le partage. Et vous verrez, un jour en France : chaque enfant aura un livre à lui, chez lui.

8. Le tri sélectif
Plus de la moitié des Français affirment ne pas trier systématiquement leurs déchets. La mise en place du tri sélectif en France datant du tout début des années 2000, nous devrions avoir fini notre « phase d’adaptation » et atteindre la majorité ; alors, en 2018, nous ferons mieux !

* Conclusion (de Paul Ricoeur dans : Plaidoyer pour l’utopie ecclésiale, Labor et Fides, 2016) :
“Pour moi, la première manière de rendre raison de ma profession de foi, c’est donc, d’une manière encore extérieure, de montrer la nécessité pour nos sociétés modernes d’une tension, d’une dialectique sans fin, entre l’exigence utopique et l’optimum raisonnable d’une action économique, sociale et politique. Viser plus, demander plus. C’est cela l’espoir : il attend toujours plus que l’effectuable ; nous sommes dépositaires du surplus de l’espoir sur la prospective. En quoi est-il besoin de chrétiens pour cet office ? Je ne nie pas que d’autres puissent exercer cette pesée aussi. Je dis que le chrétien a des raisons spécifiques pour le faire : l’annonce de la mort et de la résurrection du Christ, c’est pour lui la lecture d’un chiffre de l’histoire où est attesté le surplus du sens sur le non-sens. Dans le langage de Saint Paul: là où le péché a abondé, la grâce surabonde. Être chrétien, c’est déchiffrer les signes de cette surabondance, dans l’ordre même où l’humanité exprime son dessein. Le chrétien, c’est l’adversaire de l’absurde, le prophète du sens.
Non par volonté désespérée, mais par reconnaissance que ce sens à été attesté dans les événements que l’Ecriture proclame. Mais ce sens, le chrétien n’a jamais fini de le détailler.”

Initier une conversation sociétale, éthique, religieuse et, plus largement, humaine

La nouvelle Revue des Cèdres vaut la peine d’être (re)découverte !

La belle édition du site www.revuedescedres.ch précise qu’elle a fait peau neuve en 2010, en prenant le relais du “Bulletin des Cèdres” publié dès 1995, mais c’est en fait un nouveau tonique qu’il y a là dans le long drink théologique protestant. « Orientés sur la vulgarisation théologique, ses contenus touchent à des questions sociétales, éthiques, religieuses et, plus largement, à l’humain. » Avec des articles courts, des contenus variés et « une large palette de réflexions et de témoignages ». En témoigne sa dernière livraison de 167 pages en 21 articles pétillants, rédigés par les enseignants-chercheurs-acteurs les plus en pointe de la théologie pratique francophone contemporaine. Passionnante, poétique, journalistique, existentielle, théologiquement humaine… et vivifiante ! Pour vous donner envie de participer à ces nouvelles conversations, servez-vous, en voici quelques extraits sous le sommaire du numéro 46, « L’Eglise, pour y venir », millésime 2017. C’est l’happy hour à Lausanne, c’est-a-dire qu’un petit cocktail vous est offert : vous êtes invités. D.G

Se muer en Eglise, Dimitri Andronicos et Jean-Christophe Emery, p 5

« Il y a ce mot, changement, qui colle à la peau. Se réveiller un matin et se dire que peut-être nous avons changé. Ou alors, plus volontariste, qu’il faudra changer quelque chose ; au moins son alimentation, ou son mode de vie. Prononcez-le avec la lenteur nécessaire comme un mantra, dites-le à vous-même, nous verrons bien ce qui en sort : « Tu dois changer ta vie ! » Exhortation constante, répétée, parce que finalement, il y a toujours ce quelque chose qui ne joue pas, qui a besoin d’un petit pas de côté.(…) Occasion d’espérance et d’investigation, l’Eglise est appelée à faire monde, à le co-constituer, à participer à la recherche inépuisable du sens en faveur d’un vivre ensemble à réinventer et d’une existence intensifier. » (Éditorial)

 

Nos histoires et nos conversations : identités, traditions et communauté, Philippe Gonzalez , p 7

« Méditer nos histoires et entretenir une conversation sont deux activités qui caractérisent « l’Eglise émergente » (…) « s’agit-il de prendre la vie de Jésus pour modèle – au risque d’imposer à la communauté chrétienne une éthique surhumaine, l’enjoignant à se faire l’avant-garde de la révolution sociale ? Ou s’agit-il de cultiver les paradoxes de la figure du Christ (homme/Dieu, né d’une vierge, roi/crucifié, etc.) comme autant de lieux indéfiniment ouverts permettant de méditer les ombres et les lumières qui traversent nos destins tant individuels que collectifs ? » (…)

 

Biodiversité ecclésiale, Sabrina Müller, p 15

« Pendant longtemps, en Suisse, on a planté des forêts entières d’épicéa. Celui-ci pousse facilement, il ne requiert que peu de soins et fournit rapidement du bois. Aujourd’hui, on s’éloigne de ce modèle de monoculture et on retrouve des forêts où la biodiversité domine. Des espèces animales, ou des plantes locales, que la monoculture avait mises en danger ou appauvries, peuvent retrouver leur place : les guêpes forestières, les abeilles sauvages, les oiseaux et leurs chants. Les forêts offrent ainsi à nouveau un espace, une protection, pour une variété de plantes, d’animaux, d’insectes et de champignons. Monoculture et biodiversité représentent d’utiles métaphores pour décrire la situation actuelle des Églises en Europe. (…) Finalement, il faut que la diversité des engagements soit reconnue comme complémentarité et non comme concurrence. De ce changement de climat théologique et structurel peuvent pousser de nouvelles plantes et naître de nouveaux biotopes. » (…)

 

L’obsolescence de la paroisse, Jean-Marc Tétaz, p 23

« L’obsolescence des paroisses ne signe […] pas la mort de la dimension communautaire du christianisme protestant. Elle invite au contraire à inventer de nouvelles formes d’organisation, à la fois plus souples, mieux adaptées aux modes de vie contemporains et capables de mieux intégrer les formes plurielles que prend le christianisme au XXIème siècle. (…) C’est l’imbrication de la mémoire culturelle dont l’Eglise est porteuse avec les formes de mémoire collective portées par les groupes qui permet aux églises d’être des lieux dans lesquels peut ”palpite[r] quelque chose d’une vie symbolique“.» (…)

 

L’Eglise qui fait vivre, ou nous qui faisons vivre l’Eglise ? Elisabeth Parmentier, p 33

« Cet article veut montrer une ”double contraintes“ qui pèsent sur les églises issue de la Réforme : elles ont été en quête d’une réconciliation qui surmonte la concurrence – mais dès lors que de telles dynamiques se déploient, elle reprennent des distances, par souci de leur “identité”. Mais une identité définie par quoi ? Une seconde tendance majeur sera ici notée : classiquement, l’identité de l’église protestante est définie par les confessions de foi et les catéchismes, à partir des dons de Dieu. Mais aujourd’hui, de nouvelles églises se déploient qui n’ont cure d’affirmations confessionnelles et qui s’orientent à partir des besoins locaux et des projets missionnaires – deux orientations antagonistes ? » (…)

 

Stratégies ecclésiales en Allemagne, Fritz Lienhard, p 41

« À l’instar de la plupart des pays européens, l’Allemagne est confrontée à une crise du christianisme. Cela vaut pour l’appartenance aux Églises, mais aussi la fréquentation des cultes, la foi en Dieu et le fait de se désigner comme quelqu’un de religieux. (…) comment arbitrer dans ce débat ? Dans une certaine flexibilité pourrait […] se développer la biodiversité pastorale nécessaire à l’épanouissement de la vie ecclésiale dans les différents milieux, de même que la biodiversité naturelle permet à la vie biologique de se développer dans des climats fort variés. » (…)

 

La pertinence de l’Eglise aujourd’hui, Pierre Gisel, p 49

« L’église ne doit pas s’imaginer comme contre modèle-social, ni ne doit non plus se vouloir communauté idéale. Elle a à restituer, au cœur du social, des questions décalantes et hétérogènes, et à les rendre fructueuses pour le monde et l’humain. L’Eglise n’est pas appelée à apporter ”un plus“, mais à faire voir le monde autrement. L’orienter autrement, ou en proposer une autre habitation. » (…)

 

L’Eglise en appels, Michel Kocher, p 57

L’Eglise est une réponse… À quels appels ? Dans ma pratique d’homme de médias, l’ecclésiologie protestante est une construction spirituelle, théologique et institutionnelle assez claire, mais placée devant des défis nombreux et entrelacés qui rendent la discussion complexe et trop souvent peu fructueuse. Ma priorité, dans les lignes qui suivent, est de commencer un travail de démêlage. Je me propose de dégager une couche d’origine dont la clarification doit faciliter l’échange et la réflexion autour des réalités contemporaines. Cette origine théologique, c’est l’Eglise entendue comme réponse à un appel. D’où le sous-titre de cet article : pour une petite et ecclésiologie de l’appel. » (…)

 

Des Eglises en version méga, Jean-Christophe Emery, p 71

« Un succès planétaire. Une musique contemporaine entraînante, une débauche de technique, une prédication émotionnelle à substrat conservateur solidement orientée vers l’actualité, une stratégie de développement à faire pâlir Nestlé ou Apple, une palette gargantuesque de groupes de soutien et une mécanique de mise en lien finement huilée, ce portrait-robot de la Mega-Église contemporaine se décline en d’infinies variations (…) Leur succès planétaire peut être vu comme un symptôme de la globalisation du religieux, mais il peut également faire l’objet d’une prise de conscience du considérable potentiel adaptatif du christianisme. » (…)

 

Jalons pour une ecclésiologie de postchrétienté, Gabriel Monet, p 81

« Et si la décroissance de l’Eglise était une chance ? » (…)

 

Les désaffiliations religieuses dans la logique des Eglises en mutation, Caroline Gachet, p 91

« Du point de vue de la sociologie des religions, un angle d’approche intéressant pour étudier les églises dites traditionnelles est de questionner le renouvellement de leurs générations de croyants et de pratiquants. (…) Pour résumer de manière très simple, on apprend depuis tout petit à ”être évangélique“, à ”faire partie de la famille évangélique“ et à ”adhérer à la vision du monde évangélique“ (…) Pourquoi décide-t-on de partir ? » (…)

 

Bref historique de la présence des Eglises sur le web, Nicolas Friedli, p 101

« Avant 2005, nous sommes dans la période des débuts. (…) Autour de 2005, nous entrons dans la période du web 2.0 (…) En 2008, nous sommes entrés dans la période des réseaux sociaux (…) À partir de 2015-2016, nous entrons dans la période du contrôle. » « (…) voici quelques pistes à la fois floues et concrètes, qui pourraient être formulées ainsi : en tant qu’institution :

. Je reconnais que j’ai perdu la maîtrise de l’agenda sociétal. Je peux y prendre ma part – je dois y prendre ma part -, mais je ne suis pas seule à dicter le tempo » (…) . (…) « Je soutiens l’audace justement parce que je suis une institution. »

 

« Etre et faire Eglise » aujourd’hui Jean-François Habermacher, p 109

« À mes yeux, il n’y aura pas de renouveau du christianisme et des Églises sans une reprise de fond de ce qu’être chrétien veut dire aujourd’hui, en lien avec les questions de tous et les défis de société auxquels nous sommes confrontés. Les différentes manières ”d’être“ ou de ”faire église“ aujourd’hui n’échapperont pas à cette tâche exigeante qu’est le long travail de la pensée et de son attestation individuelle, communautaire et institutionnelle. » (…)

 

Eglises et sociétés liquides, Jean-Denis Kraege, p 121

« Les messy churches ou les fresh expression churches visent, nous dit-on, à répondre aux 50 à 60 % de la population qui seraient potentiellement intéressés au ”religieux“ et attachés à ce que les sociologues appellent une société ”liquide“. Seuls 20 % de nos contemporains essaieraient encore de se réfugier dans un monde ”solide“. (…) « On est en droit de toutefois poser plusieurs questions face à ces divers constats. »

 

Une Eglise entre vocation et profession, Entretien avec Nicolas Besson, p 127

« La nécessaire adaptation des Églises au changement de société bute souvent sur les complexités institutionnelles. Sans recette, ni leçon, Nicolas Besson, en charge des ressources humaines dans l’Eglise Evangélique Réformée du canton de Vaud (EERV), livre quelques éléments de son expérience. »

« (…) Le travail sur soi, en confrontant sa vie à l’Évangile, conduit à ne pas seulement prêcher un savoir religieux, mais à témoigner d’une certaine façon de voir le monde et de considérer l’humain, en toute authenticité. Cette herméneutique existentielle constitue, de mon point de vue, la compétence professionnelle fondamentale à réinvestir pleinement. » (…)

Une confiance renouvelée pour l’Eglise, Simon Weber, p 137

« Le laboratoire Khi Recherche et Développement de l’EERV cherche à faire évoluer l’église pour lui permettre de mieux faire face aux changements de la société. Il effectue un travail d’analyse, s’intéresse aux initiatives d’autres Églises et développe des outils. À sa tête, Simon Weber livre ses observations et ses pistes préférentielles. »

« (…) Je ne rêve pas d’une église idéale à mettre en œuvre à la force du poignet. J’avance pas à pas et me laisse surprendre. La prochaine étape consiste à favoriser des libérations au sein des acteurs de l’Eglise. Libérations des habitudes, des culpabilités, des contraintes que l’on se fixe. L’idée est de retrouver une fraîcheur nouvelle et une meilleure écoute face aux demandes réelles de sens et de spiritualité »

 

Les Eglises, entre pratique et théologie, Elise Cairus, p 143

L’expérience du LAB, Carolina Costa, p 149

La croissance communautaire, Nicolas Lüthi, p 157

L’Eglise de demain sera communautaire, Benjamin Corbaz, p 161

Envoi : D’Eglise et de sable, Dimitri Andronicos, p 167

 

Abonnement annuel (en Suisse seulement) Fr 20. Abonnement de soutien : Fr 30.-

Les numéros peuvent être commandés au prix de Fr 15.- pièce (plus frais de port).

http://revuedescedres.ch/a-propos/ pour la France.