Après le 11 septembre, réfléchir - Témoins

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Les attentats de ce 11 septembre 2001 aux États-Unis sont des événements atroces chargés d’une douleur immense qui, lorsqu’on y pense, encore aujourd’hui, nouent la gorge et étreignent le cœur.
Mais le fait qu’une telle volonté de détruire, de tuer un grand nombre, ait été mise en œuvre au nom de Dieu rajoute à la souffrance pour tous les croyants sincères. Non le terrorisme n’est pas justifiable. Jésus avait des reproches à adresser aux hommes de son temps, pourtant il est dit de lui, dans l’évangile de Matthieu :
“Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui mon âme a pris plaisir. Je mettrai mon Esprit sur lui, et il annoncera la justice aux nations. Il ne contestera point, il ne criera point, et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice, et les nations espéreront en lui.”
Jésus n’a pas, lorsqu’il était au milieu des hommes, initié une révolution armée pour faire triompher la justice, mais au contraire, il s’est adressé au cœur de chacun. Lorsque Jésus rencontre Zachée, chef des collecteurs d’impôts, ce dernier comprend qu’il ne doit plus être asservi à sa fortune en partie mal acquise : aussi décide-t-il de donner la moitié de ses biens aux pauvres et de rendre au quadruple à quiconque il aurait fait tort. Jésus n’a pas condamné cet homme, mais en suscitant ce retournement intérieur Jésus a fait progresser la justice (Évangile de Luc chapitre 19).
C’est ainsi que toute personne qui choisit de refonder sa vie sur Jésus est appelée à chercher comment se comporter dans les différents milieux où elle évolue et ceci quel que soit son degré de responsabilité. Ce sont ces expériences que nous aimons partager à Témoins. Jésus dira : “Le royaume des cieux est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte soit levée” (Évangile de Matthieu chapitre 13).

Le choix des tours du World Trade Center lors des attentats du 11 septembre est souvent ressenti dans les pays du Sud (même sans approbation du terrorisme) comme une dénonciation du système économique occidental qui est imposé à toute la planète, avec tant d’inégalités dans chaque pays et entre les pays.
A la fin octobre 2001, les bombes de la riposte s’abattent sur l’Afghanistan. Et ces bombardements produisent dans ce pays des morts, des blessés qui resteront gravement handicapés, des familles disloquées, une angoisse terrible et de nouveaux réfugiés sur les routes et dans des camps précaires à l’orée de l’hiver.
Pour arrêter cet engrenage de violence et de destruction, il est urgent de prendre du recul et de reconsidérer le but de nos sociétés et de notre système économique. La Bible nous y invite et nous y aide ; elle est un roc ferme sur lequel nous pouvons nous appuyer

Vers un monde plus juste.
Les interprétations du livre de l’Apocalypse de l’apôtre Jean sont nombreuses, mais le chapitre 18 montre bien la dénonciation des travers d’une civilisation appelée symboliquement du nom de Babylone. Le texte nous montre une société où aboutissent les richesses, la nourriture la plus fine du reste du monde, et une société qui s’enorgueillit de cette abondance.
N’est-ce pas le cas de notre monde occidental où les rayons des supermarchés regorgent de biens, alors que dans de nombreux pays les besoins fondamentaux de nutrition, de santé, d’éducation ne sont pas assurés.
Un travail fantastique est réalisé par de nombreuses associations et institutions pour faire face aux catastrophes humanitaires, pour soutenir des projets de développement local. Mais il est nécessaire d’aller plus loin, de repenser les mécanismes économiques pour que disparaissent ces inégalités criantes dans nos pays et dans les pays les moins avancés ; ce devrait être l’objet d’une mobilisation générale.
Pour montrer les disparités de revenus entre les individus et bien marquer la nécessité du partage Jésus parla un jour des biens que l’on possède comme des “richesses injustes”. Dans la pédagogie divine envers le peuple d’Israël parcourant le désert et ramassant chaque matin la manne pour nourriture, la leçon du partage est claire : “celui qui avait ramassé plus n’avait rien de trop, et celui qui ramassait moins n’en manquait pas”(Exode chapitre 16 verset 18). Parmi les lois données à Israël pour servir d’exemple pour les autres nations, il y a celle du jubilé qui supprime périodiquement les dettes et les liens de servitude qu’elles ont pu engendrer au sein de ce peuple.
C’est en s’appuyant sur ce très beau principe d’humanité, que pour l’an 2000, des efforts ont été engagés afin de supprimer ou au moins alléger la dette des pays les plus pauvres. Cette lutte continue et c’est juste. Mais ne serait-il pas plus juste que cesse la spéculation sur les matières premières venant de ces pays, et qu’elles soient payées de sorte que ces pays puissent faire face à leurs besoins dans la dignité et l’équité. Dans son épître, l’apôtre Jacques est très sévère : “Voici le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos champs, et dont vous les avez frustrés, crie, et les cris des moissonneurs sont parvenus aux oreilles du Seigneur des armées” (chapitre 5).
Aujourd’hui, des démarches concrètes existent pour rendre le fruit de leur travail aux producteurs des pays les plus pauvres. Par exemple les produits portant le label Max Havelaar garantissent une rémunération équitable à ceux qui les produisent : cela concerne déjà sept matières premières, dont le café.
Dans nos pays, fournir à chacun un emploi ne devrait-il pas être la motivation première plutôt que la recherche de profits croissants.

Vers un monde plus fraternel.
Si pour établir de nouvelles règles sociales, le dialogue, la coopération, la coordination sont
indispensables entre les divers pays, la Bible, dans le chapitre 13 de l’Apocalypse de Jean, attire notre attention sur le danger réel qui guette l’humanité de se regrouper dans des structures de plus en plus centralisées, voire dans un pouvoir mondial : ce pouvoir, représenté par une bête terrifiante, sans doute mis en place pour faire face à des crises graves, apparaît ensuite comme dictatorial, en sorte que “personne ne puisse acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ” (verset 17).
Une piste de réponse à ce risque est de privilégier les aides à des projets précis qui, non seulement permettent une aide plus efficace, mais aussi donnent la possibilité de créer des liens humains entre membres de peuples différents. Les dispositifs de jumelage et de parrainage ont aussi ces avantages ; nous nous attacherons à des exemples concrets dans un prochain numéro.

Vers un monde plus transparent.
Dans sa critique de cette civilisation opulente, Babylone, le chapitre 18 de l’Apocalypse fait mention d’une multitude de biens que les marchands de la terre lui prodiguent sous forme de cargaison ; et ce qui termine la liste de ce dont Babylone fait commerce ce sont “des corps et des âmes d’hommes” (versets 11 à 13).
Nous ne pouvons plus fermer les yeux, car si les cargaisons d’esclaves n’existent plus, les trafics d’êtres humains se multiplient. Sans faire un classement de l’horreur on peut citer :
– la pédophilie et les souffrances causées au corps et à l’âme des enfants victimes ; dans un émission récente à la télévision, la responsable d’une association de défense des enfants a apporté des paroles qui nous ont entraîné dans un vertige d’horreur, en mentionnant des scènes de sacrifices d’enfants mis à mort par strangulation ou empalement, accessibles sur internet ; cela est intolérable ;
– la prostitution et le développement du tourisme sexuel et leur cortège de destructions physiques et morales, depuis si longtemps admis ;
– les trafics d’organes, reins, yeux par exemple vendus par les plus pauvres (en Inde, en Argentine et ailleurs) au bénéfice des plus riches quand le prélèvement ne se fait pas par la violence ;
– les passeurs des filières d’immigration clandestine qui s’enrichissent sur la misère de leur frères ;
– les trafics de drogue qui maintiennent tant d’hommes dans la dépendance, l’esclavage ;
– les trafics d’armes qui entretiennent tant de conflits sans fin…

Que de sujets de honte et de scandales pour une civilisation qui se réclame du progrès. Cela n’est plus supportable. Il est temps pour les hommes d’aujourd’hui d’être lucides, de rentrer en soi-même, de prendre position pour faire changer cet état de faits.
Bien que partisans d ‘une société de liberté, ne nous revient-il pas, en tant que chrétiens :
-de dénoncer, par une condamnation sans appel et un rejet total, toutes ces pratiques qui engendrent tant de souffrances, asservissent des êtres humains traités alors comme des sous-hommes ;
– annoncer que par l’Évangile il y a la possibilité d’un vrai changement pour la société ; et d’une vraie libération intérieure pour qui se livrerait à l’une de ces pratiques car l’apôtre Pierre l’écrit sans ambages “chacun est esclave de ce qui a triomphé de lui” (2Pierre 2 :19).

Dans un monde si complexe, où les repères sont devenus flous et mouvants, plus que jamais la Bible, Parole de Dieu pour les hommes est la Lumière. Si elle est notre appui et notre inspiration, alors se vérifiera cette parole du livre des Proverbes : “Le sentier des justes est comme la lumière resplendissante dont l’éclat va croissant jusqu’au milieu du jour”(chapitre 4 verset 18). Ici le juste n’est pas un homme parfait, mais un chercheur de vérité qui accepte de se laisser façonner par son créateur, comme le dit cette parole du prophète Michée (chapitre 6 verset 8) :
“On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ;
Et ce que l’Éternel demande de toi,
C’est que tu pratiques la justice,
Que tu aimes la miséricorde,
Et que tu marches humblement avec ton Dieu” .

Alain crumière.

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