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AU départ de sa vie professionnelle Nadine est affrontée au rythme du travail et au problème de relations entre collègues.
Dans cette ambiance, elle s’efforce de vivre selon l’Evangile

Depuis deux ans, je travaille dans une petite agence d’une banque. Nous sommes huit personnes au total : deux à la direction, trois gestionnaires du dossier-clientèle, deux à la caisse et moi qui suis secrétaire. Mes tâches sont diverses : du travail administratif et, en même temps, des relations avec les clients.

Ma grande difficulté est d’être préoccupée par plusieurs choses à la fois : m’occuper d’un client alors que deux autres attendent, régler tel ou tel dossier…A cela s’ ajoute la pression des échéances : le travail à faire au jour le jour comme le courrier qui doit être prêt à des heures bien régulières. Et il n’est pas possible de rester un peu plus au bureau pour terminer mon travail car l’agence ferme à 17h45.

Aussi les jours où j’arrive à gérer tout cela, je suis contente. Quand, à la fin de la journée, je me rends compte que je ne me suis pas énervée, que j’ai réussi à accomplir tout ce que j’avais à faire et qu’enfin je suis à jour de mes dossiers, ce qui m’arrive de temps en temps : quelle satisfaction !

En plus, je supporte difficilement l’ambiance. D’abord, travaillant dans des locaux exigus, j’entends les conversations à côté de moi : ce sont trop souvent des reproches qui se colportent. Telle ou telle est en train de juger le travail de l’autre sans compréhension ni indulgence mettant le doigt sur les erreurs sans reconnaître que l’on peut en faire soi-même.
J’ai aussi l’impression d’une grande instabilité dans les relations : un jour tout est blanc et le lendemain toutr est noir.

C’est peut-êttre normal dans un monde qui n’est pas chrétien.

Pour ma part je refuse de participer à toutes ces critiques car je ne veux pas tomber dans le jugement. Aussi, j’essaie de garder mes distances tout en restant disponible. Quand je suis impliquée dans la conversation malgré moi., j’évite de dire du mal et j’essaie de compenser par des paroles positives.

Il m’arrive de mal prendre les réactions des autres vis-à-vis de moi. Sur le coup, je me ferme, je ne parle plus. Je fais mon travail dans mon coin. Je n’arrive pas à me raisonner. Chez moi, le soir, il faut que je me retrouve devant le Seigneur. Ainsi, après coup, je peux dire au Seigneur « mon attitude ne va pas, il faut que j’aime telle personne et que je la prenne comme elle est ». Alors, le sentiment de rancoeur qui m’envahissait, s’en va. IL m’ apaise petit à petit et me donne alors la grâce de voir les choses différemment et m’amène à prier pour mes collègues. Le lendemain en confessant à Dieu simplement mes souffrances, mes sentiments, tout ce qui n’est pas juste devant lui, le lendemain, je reviens dans de meilleurs dispositions.

Dans ces conditions, il n’est pas possible de créer des liens d’amitié. J’essaie d’être disponible personnellement à chacune.

C’est assez difficile à vivre car lorsque je parle en profondeur à l’une ou à l’autre collègue, c’est fortuit, sans lendemain, et même parfois je m’aperçois que la relation ne passe plus pendant quelque temps ; par exemple, il m’est arrivé d’écouter une collègue récemment divorcée et d’ essayer de la consoler alors qu’elle me partageait sa douleur. Je ne sais pas l’effet de mon témoignage car il n’y a pas eu de suite.

Une autrefois j’ai appris que certaines collègues allaient voir des voyantes. Je les ai mises en garde et leur ai donné une brochure sur les dangers de l’occultisme. Personne n’en a reparlé.
J’ai vraiment l’impression de semer la Bonne Nouvelle sans qu’elle prenne racine , mais je sais bien que je ne dois pas attendre d’effets immédiats.

Dans la situation actuelle, il m’est difficile de percevoir un sens à mon travail. J’aimais davantage mon travail précédent, mon premier emploi après avoir obtenu un BTS de tourisme.
Je travaillais pour un Tour-Opérator, à l’accueil des passagers qui devaient embarquer dans un aéroport. Je délivrais les billets et j’étais là en cas de problèmes : grève, papiers…
J’avais des horaires irréguliers , parfois de nuit, mais j’étais vraiment indépendante, ce qui correspondait mieux à mon caractère.

J’avais un rapport journalier à faire sur ordinateur mais sans pression ni compétition.
Je travaillais avec plaisir et je rendais grâce à Dieu ; j’avais l’exemple biblique de Daniel, un haut fonctionnaire auprès du roi, qui portait témoignage parce qu’il avait un comportement droit et honnête. Ainsi, je désirais avoir de bons résusltats dans mon travail et rendre témoignage à la gloire de Dieu.

A la banque, mon travail n’est pas parfait. Je fais des erreurs et il m’arrive trop souvent de me lasser. Pourtant, cette expérience reste positive car ce travail me forme à plus de rigueur ; affronter les difficultés d’ordre relationnel me forme le caractère . Comme dit le proverbe biblique : “le fer aiguise le fer, le contact avec autrui affine l’esprit de l’homme” (27.17). J’ai appris à m’affirmer tout en restant présente.

Finalement ces deux années à la banque ont été pour moi une étape enrichissante car elles m’ont préparé à une nouvelle perpspective professionnelle puisque je viens de réussir un concours qui me permet d’entrer en septembre prochain dans le service administratif d’un établissement scolaire.

Nadine RAVERDY
St Michel S/Orge (91)

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